A Muddy Pond

Ils pensent en tout temps au sirop.

A Muddy Pond

Ils pensent en tout temps au sirop.

John Guenther a produit son premier sirop de sorgho en 1965 avec des chevaux et un petit broyeur à main, avec un groupe d’autres familles Mennonite d’ancien ordre à Muddy Pond, Tennessee. Sa famille le produit encore, selon les techniques modernes qu’elle a développées.

Leur sirop de sorgho dessert maintenant de vastes marchés. Il est vendu en ligne ou en magasin et les chefs des restaurants huppés l’incorporent au menu. Une sucrée de bonne affaire pour les Guenther.

« Les choses ont bien changé, dit John, qui a grandi en Saskatchewan dans une communauté Amish. Quand il partit en Pennsylvanie à 20 ans, il ne parlait qu’un dialecte allemand. Quelques années plus tard, après avoir vécu avec un groupe du Cumberland Plateau, il pouvait se débrouiller assez bien en anglais.

Ils travaillèrent d’abord à cultiver le sorgho et produire le sirop. John fit aussi un peu d’argent avec une scierie et un abattoir. « Nous avons toujours fait ce qu’il fallait pour survivre, dit-il. Rendu ici, nous avons commencé à aimer les gens du sud et de la région. L’hiver n’était pas trop mauvais. Nous avons eu des temps durs, mais avons survécu. La tradition se continue. Chaque garçon de la famille peut abattre un porc et faire du saucisson.

Une chaudière chauffe le sirop que produit la ferme.

« L’hiver dernier, nous avons abattu huit porcs en deux jours. Nous avons du bétail et nous faisons du sirop de sorgho. Nous avons converti la production à la vapeur en 1987 et 1988. Il a fallu tout apprendre. Les gens craignaient que la chaudière explose. Mais cela accéléra tellement la production. »

Évolution. Maintenant âgé de 75 ans, John se souvient d’avoir défriché avec des scies à main, brûlé le bois et vendu le charbon à une usine de Cooke-ville, Tennessee.

« Nous avons lentement augmenté le sorgho et le bétail. Que de changements. L’ordre ancien est disparu et nous travaillons avec des tracteurs. Nous ne roulons plus en charrette ; c’est est trop dangereux d’aller à cheval sur les routes », dit John.

Il ne s’est jamais rasé mais quand il fut hospitalisé suite à un accident d’auto il y a quelques années, sa barbe fut légèrement taillée. Il s’en plaint encore. Il se souvient très bien des quatre dialectes allemands de son enfance et peut converser avec les visiteurs Mennonite et Amish.

Le moulin à vapeur est affairé pendant tout l’automne à broyer et traiter le sorgho avec la machinerie et le broyeur qu’ils ont conçus.

« Nous avons tout développé. On ne peut pas aller au magasin et acheter de la machinerie à sorgho. Si ça casse, on s’arrange pour le réparer », dit Mark Guenther, l’un des fils de John.

Mark et son épouse, Sherry, s’occupent toute l’année à des démonstrations de fabrication du sirop de sorgho à l’ancienne. En octobre, ils vont à Dollywood de Pigeon Forge, Tennessee. Les fins de semaine de novembre, ils visitent Cades Cove au Great Smoky Mountains National Park. Ils vont aussi à plusieurs foires.

Une coulée de sirop de sorgho.

« Une excellente occasion de rencontrer les gens et de montrer ce que nous faisons. Nous allons à Dolly-wood depuis 16 ans », dit Mark.

Vie familiale. Pete, le frère de Mark, dirige le moulin. Eddie, un autre frère, dirige la ferme. Plusieurs autres jeunes Guenther s’intéressent aussi aux affaires de la famille.

« C’est une entreprise unique qui nous occupe tous, dit Pete. Il faut décaler les semis aux dix jours pour ne pas causer d’embouteillages. Nous avons fait 21 hectares cette année. C’est beaucoup de sirop à faire passer dans l’usine. »

Eddie dit que l’entreprise continue d’évoluer. « On a toujours cru que le sirop de sorgho était quelque chose du sud. Le sirop de sorgho et le pain de maïs allaient bien ensemble », dit-il.

« On l’utilise aujourd’hui dans les restaurants de Chicago à Boston, d’Atlanta à Dallas. On peut l’acheter sur Amazon. C’est vraiment quelque chose ce que papa a lancé. » 

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