Attrait Floral

Attirer les bons insectes pour chasser les mauvais.

Attrait Floral

Attirer les bons insectes pour chasser les mauvais.

Les fleurs peuvent être l’arme de fine pointe dans la lutte antiparasitaire. Les producteurs novateurs constatent qu’un soupçon de fleurs peut bénéficier à leurs céréales.

« Nous aidons les producteurs à réaliser des mélanges de cultures de soutien qui incluent des espèces florissant toute la saison ou en succession, dit Keith Berns, copropriétaire de Green Cover Seed de Bladen, Nebraska. Ces mélanges sont intégrés à la culture normale ou semés en bandes. Les fleurs attirent les insectes bénéfiques qui servent de prédateurs advenant une invasion ultérieure d’insectes dommageables. »

Malgré un manque de résultats de recherche appuyant l’idée, M. Berns dit qu’elle s’implante chez les producteurs de milo, tournesol et pommes de terre. « Les insectariums favorisent le développement des insectes bénéfiques comme la coccinelle, le chrysope et la guêpe parasite. Ils peuvent minimiser l’impact des invasions de pucerons dans le milo, de papillons nocturnes dans le tournesol et des parasites de la pomme de terre. »

Lutte aux pucerons. Le puceron de la canne à sucre est devenu une menace sérieuse pour les producteurs de milo et le coût élevé des insecticides pour le réprimer a mené à une réduction des superficies. Le producteur Jimmy Emmons, de Leedey, Oklahoma croit que les bandes de pollinisation peuvent être une arme abordable. Lui et quelques autres du Kansas et de l’Oklahoma travaillent à tester cette approche avec l’entomologiste du Dakota du Sud, Jonathan Lundgren.

Avec un soupçon de zinnias, Jamie Funke attira les insectes bénéfiques.

« Nous avons semé l’an dernier des bandes de pollinisation de 3,5 mètres dans certains champs de milo et échantillonné les insectes au filet aux deux semaines. L’analyse des données se poursuit, mais il y avait beaucoup d’insectes bénéfiques, sans utilisation d’insecticides, bien que l’impact ait été moindre cette année », dit M. Emmons. Ses bandes pollinisatrices étaient espacés de 225 à 300 mètres et contenaient 10 espèces incluant le dolique, le haricot velu, le sunn, le tournesol, le sarrasin et le lin.

« Presque tout avait un double rôle — attirer les insectes bénéfiques et favoriser la santé du sol. Ainsi, le sarrasin fleurit rapidement et continue de fleurir tout en aidant à recycler le phosphore du sous-sol. Le lin a une fleur unique pouvant attirer différents insectes alors que ses racines favorisent le développement du champignon mycorhizien dans le sol. »

« Nous perdons de la surface avec les bandes, mais si nous évitons de dépenser 60 $ l’hectare en insecticides pour réprimer le puceron, nous croyons que l’idée est valable malgré un manque de recherche », ajoute M. Emmons.

Semis associés. Jamie Funke, un agriculteur de Partridge, Kansas, ajoute des fleurs du jardin à son mélange de cultures de soutien pour attirer les insectes bénéfiques. Il est composé d’espèces courtes qui poussent sous la voûte de son milo.

Nous semons 10 kilos par hectare de milo mélangé à neuf différentes espèces de cultures de soutien et de fleurs. Nous avons utilisé l’an dernier un semoir à blé, mais les fleurs aux graines très petites ont mal levé en raison du semi trop profond. Nous allons semer cette année à la volée, en ajoutant deux espèces différentes de trèfle à petites graines dans une application de fertilisant sec. »

Il a fait l’an dernier des semis de canola/pois et soja/tournesol.

Son mélange incluait sarrasin, colza nain, lin, haricot velu, radis, navet, dolique et trèfle incarnat et blanc. Il utilisa 70 grammes de semences de fleurs par hectare.

« Le mélange coûte 26 $ par hectare. Vu la sécheresse, nos rendements de milo ont probablement baissé, mais il n’y a pas eu de pucerons et nous aimons toujours le potentiel pour une année plus normale », dit M. Funke.

James Robb trouva une autre façon unique de bénéficier des plantes associées. « Nous avons combiné et récolté ensemble le canola et les pois d’hiver pour les séparer ensuite au nettoyeur à grain. Puis nous avons semé en double le tournesol et le soja pour les récolter individuellement. Nous avons ainsi fait quatre cultures en un an et bénéficié de toute relation symbiotique entre elles », dit M. Robb.

« Nous avons constaté que les insectes attaquant une culture mais pas l’autre ont quitté les lieux, bénéficiant ainsi aux deux cultures. Les mélanges en meilleure santé ont poussé plus haut et avec de meilleurs rendements que les cultures uniques », dit-il. 

Read more