Bande a Part

Le boeuf Belted Galloway ouvre un créneau.

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Le boeuf Belted Galloway ouvre un créneau.

La décision de Patrice Filion et France Dufour d’élever du boeuf à la Ferme l’Oiseau Bleu, en banlieue de Baie-Saint-Paul, l’une des plus belles régions touristiques du Québec, peut avoir déplu aux voisins. Mais en faisant bande à part avec une race bovine d’une rusticité hors du commun, la Belted Galloway, leur ferme fut rapidement acceptée comme une autre attraction touristique de la région de Charlevoix.

La Belted Galloway se distingue par la large bande blanche qui l’entoure. Le troupeau de la Ferme l’Oiseau Bleu étonne tellement que les touristes s’arrêtent pour photographier les bêtes en train de brouter. Elles sont devenues une autre merveille naturelle dans une région choyée par ses panoramas tout à fait époustouflants.

La Belted Galloway est originaire d’Écosse et sa renommée remonte au XVIIe siècle. C’est même la plus viellle race acère en existence aujourd’hui.

Elle est d’une telle rareté dans l’industrie bovine que très peu de gens en ont déjà vu une. Selon US Beltie News, le bulletin de la the Belted Galloway Society, à peine 18 390 étaient enregistrées aux États-Unis en 2015.

Le couple Filion-Dufour entreprit sa carrière agricole dans le secteur laitier comme les générations précédentes. Mais quand M. Filion développa des problèmes de santé il y a environ dix ans, le couple fut forcé de faire un choix : abandonner l’agriculture ou passer à autre chose. Comme ils avaient déjà l’équipement et les installations pour les vaches, ils optèrent pour la production de boeuf.

« Les Belted Galloway sont tellement fascinantes que nous sommes littéralement tombés sous leur charme, dit France Dufour. Après avoir longuement recherché leur histoire, nous avons décidé de participer au mouvement de retour de la race. »

Le plus grand producteur. Bien que la Belted Galloway existe depuis des siècles, l’industrie commerciale du boeuf l’a longtemps défavorisée. L’animal est plus petit et sa croissance est plus lente que le boeuf Angus, Hereford ou même son cousin Galloway à pelage noir. On ne les retrouve plus aujourd’hui que sur de petites fermes où ils sont souvent considérés comme des animaux d’agrément. Le troupeau de 110 Belted Galloway du couple Filion-Dufour est de loin le plus important au Québec, dit Mme Dufour. La moyenne est d’environ 20 bêtes.

 

L’élevage de magnifiques vaches ceinturées Belted Galloway en banlieue de Baie-Saint-Paul, l’un des sites les plus pittoresque du Québec, attire une affluence régulière de clients à la ferme de Patrice Filion et France Dufour.

Environ la moitié de leurs animaux sont enregistrés comme pur-sang, dit Mme Dufour. Comme il en existe si peu dans le monde, l’animal doit respecter des critères rigides pour être enregistré dans le livre généalogique. Selon Wikipedia, la large bande blanche doit encercler complètement l’animal et il ne doit exister aucun autre pelage blanc pour que l’animal soit admissible. Les animaux Black Belted sont la variété dominante, mais les sociétés d’élevage reconnaissent aussi les Dun et Red Belted.

« Nous avons acheté nos 25 premières bêtes pur-sang d’un producteur de l’Ontario qui se débarrassait de son troupeau, et d’autres d’un producteur de la Beauce, dit Mme Dufour. Vu la rareté de la race, ce fut un défi de taille d’intégrer la diversité génétique dans notre troupeau. Nous avons donc fait des recherches sur la généalogie de chaque animal que nous possédons, pour nous aider à faire les meilleurs choix à la sélection. C’est aussi pourquoi nous faisons l’insémination artificielle d’une partie du troupeau. »

Bien que le couple ait décidé d’élever des animaux d’aspect exotique, l’idée n’était pas de devenir une carte postale. L’entreprise se devait d’être rentable à élever et vendre du boeuf et des reproducteurs. Il leur fallait trouver une façon de gagner leur vie avec les animaux. Heureusement, dit M. Filion, pratiquer l’agriculture en région touristique aide beaucoup. Plusieurs restaurants de la région servent leur viande. La ferme figure même sur “La Route des Saveurs”, la carte des sites d’agrotourisme de la région de Charlevoix qui lui attire une clientèle intéressée par son boeuf.

Leur ferme s’intègre aussi au plan touristique général de la région de Charlevoix visant à promouvoir la région comme destination d’agrotourisme et comme site privilégié pour la randonnée, le ski et le camping sur les collines et les montagnes avoisinantes. Un attrait spécial pour les touristes.

« Les touristes prennent des photos de nos vaches dans les enclos et trouvent le boeuf au menu des restaurants, dit Mme Dufour. Quelque chose de nouveau et d’intéressant à essayer. Les chefs peuvent donc offrir notre boeuf comme une aventure gastronomique. Ils sont très ouverts à travailler avec nous. »

L’approvisionnement constant des restaurateurs en boeuf frais a changé leurs méthodes d’élevage. La plupart des éleveurs cherchent à grouper leurs vêlages pour pouvoir expédier tous leurs veaux en même temps. Mais à la Ferme l’Oiseau Bleu, la reproduction s’étale sur toute l’année pour que des bêtes atteignent le poids d’abattage chaque mois. C’est ici que les antécédents laitiers du couple ont considérablement facilité l’ajustement.

Le calendrier de reproduction leur permet d’avoir un approvisionnement constant de viande fraîche pour les clients qui désirent acheter directement à la ferme, dit Mme Dufour. Leurs produits ne sont vendus qu’en paniers plutôt qu’en coupes individuelles et ils ne se retrouvent pas avec des surplus de coupes moins recherchées.

« Plusieurs de nos clients nous reviennent maintes et maintes fois et nous font confiance, dit Mme Dufour. Et pas seulement des gens d’ici. Depuis six ans, des vacanciers de partout viennent s’approvisionner ici avant de rentrer chez eux. Il n’est pas rare de voir les clients charger la viande avec leurs skis dans le porte-bagages du toit durant l’hiver. »

« Je sais que d’autres producteurs de boeuf questionnent notre décision de choisir une race à croissance lente, mais elle nous réussit, dit M. Filion. Nous pouvons élever nos animaux à l’herbe à un coût très efficace mais notre réussite vient surtout de notre emplacement touristique. Cela ne fonctionnerait pas ailleurs. » 

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