Bénéficier D’un Sol En Santé

Nouvelles entreprises issues de la régénération

Bénéficier D’un Sol En Santé

Nouvelles entreprises issues de la régénération

Les bénéfices de l’agriculture régénératrice peuvent aller bien au-delà de l’infiltration d’eau, du recyclage des nutriants, de la suppression des mauvaises herbes et du contrôle de l’érosion. Certains producteurs y trouvent en effet une facette lucrative pour le marketing de leurs produits. L’explosion de la demande pour les produits alimentaires viables fait ressortir la valeur de l’amélioration de la santé du sol.

La santé du sol figure dans les quelque 146 produits de Jako Farm, d’Hutchinson, Kansas. Du boeuf et du beurre au yogourt et au petit-lait, la famille opérant cette ferme de 120 hectares est engagée à produire à l’ancienne des aliments sains sans utiliser d’intrants chimiques ou artificiels.

« Nous pouvons y arriver parce que les plantes et les animaux élevés sur le sol en santé et riche en nutriants créent des aliments sains et riches en nutriants, affirme Kenneth King. Les gens se fient à nous pour produire les aliments les plus purs pour eux et pour leur famille et nous avons ainsi fidélisé notre excellente clientèle. »

Leurs efforts de marketing direct sont partis d’une production laitière d’herbage en 2001. « Nous avons commencé avec le beurre qui amena la demande pour le lait cru. Pendant ce temps, les enfants commencèrent à vendre du poulet fermier s’harmonisant aux produits laitiers. Après leur départ et leur retour à la ferme, notre gamme de produits a continué à s’étendre. Nous vendons maintenant du boeuf, de l’agneau, du porc, du poulet, du dindon, du miel, divers produits de la pomme et divers produits laitiers crus », ajoute Ken.

La gamme de produits a grandi, tout comme la progéniture. En 2005, le fils Daniel est revenu du collège pour gérer la production de volailles et porcs et ajouta le dindon et l’agneau. En 2015, lui et sa femme Robyn ont pris la gestion de la ferme.

« Nous avons fait un grand pas en apprenant à congeler le lait, explique Daniel. Nous le congelons au printemps et à l’été, au meilleur de sa valeur nutritive en conjonction avec la qualité de l’herbe de nos prés. Ceci nous permet de vendre toute l’année du lait de la plus haute qualité, même quand nos vaches sont en relâche d’automne et d’hiver au moment où la qualité de l’herbe diminue. »

 Le bétail sert à améliorer la santé du sol pour Gabe et Paul Brown et les produits animaux sont au coeur de leur marque de marketing direct ‘Nourished by Nature’.

« Notre famille continue de collaborer pour étendre et diversifier nos gammes de produits. L’agriculture régénératrice abaisse nos coûts d’intrants et nous donne une qualité de produit que nos clients ne peuvent trouver à l’épicerie », dit Robyn.

Ces produits JakoPure—le beurre, le lait frais, le rôti de boeuf, les côtelettes de porc et les oeufs— sont offerts sur le site Web de la ferme (www.Jako Farm.com). « Nous établissons nos prix en fonction du coût de production plus un modeste revenu pour notre famille. C’est peut-être moins cher à l’épicerie mais les aliments sont produits de la façon la plus économique possible en utilisant des suppléments, additifs, herbicides, insecticides et agents de conservation », dit Daniel.

« Personne ne veut payer 18 $/lb pour le beurre mais 90 % de nos clients nous arrivent par soucis de santé. Ils savent que la viande d’animaux élevés avec des pratiques régénératrices a une plus haute densité en éléments nutritifs, vitaux pour la santé humaine », dit Robyn.

La ferme a une clientèle de plus de 500 familles mettant en moyenne 45 minutes pour venir acheter. « Nous sommes plus qu’un fournisseur local mais nous ne livrons pas nos produits car nous croyons qu’il est important pour les clients de nous connaître, et vice versa », dit-elle.

À cette fin, les nouveaux clients prennent rendez-vous pour visiter la ferme, rencontrer la famille et se renseigner sur la santé du sol. Dans ce contexte, une journée d’accueil ‘Stand Up for Soil’ a attiré l’automne dernier 350 visiteurs.

« Nous avons décidé qu’il était temps de porter une plus grande attention à la défense du sol, dit Ken. L’événement a créé un point d’information où serait démontrée l’interaction entre la santé du sol, la qualité des aliments et la santé humaine. »

 Bryan Jorgensen a profité de la population de faisans attirés par ses pratiques de santé du sol.

Étayer la confiance. Brown’s Ranch, de Bismarck, Dakota du Nord, a aussi réussi par le programme de marketing direct sur la santé du sol. « Traditionnellement, le producteur n’obtient que 14 % du dollar alimentaire. Nous en voulons plus et l’obtenons en optimisant le plus possible la santé du sol auprès des utilisateurs », dit Gabe Brown.

Il exploite avec sa femme Shelly et son fils Paul une ferme d’élevage et de culture de 2025 hectares en gestion régénératrice depuis presque 30 ans.

« Nous cherchons à solutionner les problèmes d’une manière naturelle et viable. Améliorer la santé du sol par le semis direct et la culture diversifiée nous permet d’atteindre cet objectif sans engrais synthétiques ni fongicides ou pesticides, et avec un minimum d’herbicides. Nous croyons que la qualité des aliments produits sur notre ferme reflète la qualité du sol où ils ont été cultivés ou élevés », affirme Gabe.

Les Brown ont tiré profit de leurs efforts de santé du sol en offrant leurs quelque 130 produits sous la marque Nourished by Nature (www.nourishedbynature.us). « Nous offrons de l’agneau et du boeuf d’herbe, du porc, des oeufs et du poulet fermier, du miel et des produits assortis », dit Paul qui gère Brown’s Marketing LLC, une entité distincte du ranch (www.brownsranch.us).

« Le marketing direct nous permet de superposer les entreprises, utilisant souvent les déchets d’une opération pour alimenter l’autre », explique Gabe, en nous donnant les exemples suivants.

Le maïs et d’autres céréales sont criblés et les résidus servent à produire le porc fermier. « Notre LLC paie le ranch 275 $ par tête pour le porc. Il en coûte 483,49 $ en transformation, marketing, électricité et carburant mais nous vendons pour 1237 $ de coupes au détail pour un profit de 478,51 $ par tête, plus 120 $ pour le ranch. Une truie qui élève 7 porcelets rapporte plus de 4000 $ de profit par portée. »

Les criblures de grain suppléent aussi ce qui va aux poules après le transfert du bétail à de nouveaux enclos. Ces cultures de soutien et ces pâturages font partie d’un programme de broutage en rotation. Les poules et les pondeuses sont logées dans des enclos portatifs déplacés presque chaque jour.

« Nous recueillons environ 600 oeufs par jour (350 douzaines/semaine) de nos 1000 poules, vendus à 5 $ la douzaine. Nos coûts sont de 1,07 $ la douzaine, laissant un profit net de 1,375 $. Le poulet de gril nous rapporte 17,25 $ », dit-il.

Les profits combinés du ranch et du détail par carcasse de boeuf sont de 1627 $ tandis que l’agneau fini à l’herbe rapporte 190 $ par tête. « Nous produisons 84 livres de boeuf, 12 livres d’agneau et 16 livres de porc par acre, en plus de la volaille. Nous vendons aussi des légumes et divers autres produits cultivés en accompagnement dans nos champs de maïs », dit Gabe.

Les économies d’intrants du système régénératif du ranch aident aussi à la rentabilité des cultures. Depuis 10 ans, le coût moyen de production du maïs et du blé fut de 1,41 $ et 1,82 $ le boisseau, respectivement.

« Les possibilités ne sont limitées qu’à l’imagination. De façon étonnante, l’argent le plus facile est celui du miel produit par les abeilles attirées par les cultures de pollinisation des mélanges de couverture. Ne me dites pas qu’il n’y a pas d’argent à faire en agriculture ou qu’il n’y a pas de place pour la prochaine génération », dit Gabe.

Le biais de la faune. L’optique de la santé du sol et des assolements qui la favorisent rapporte d’une façon assez spéciale pour Jorgensen Land & Cattle Partnership d’Ideal, du Dakota du Sud (www.jorgensenfarms.com). « Nous semons après la moisson du blé d’hiver les cultures de soutien pour le broutage mais avons constaté son avantage pour la faune. Il en est résulté une abondance de faisans sauvages et la chasse est devenue une importante source de revenus pour la ferme », indique Bryan Jorgensen.

« Nous visons la santé du sol tout en obtenant trois sources de revenus par acre », ajoute le partenaire Nick Jorgensen. Il y a la culture, le broutage et la valeur de divertissement. Cette combinaison est prometteuse pour notre viabilité. »

Le plan mena à la construction de l’auberge Lazy J Grand Lodge en 2012 où les chasseurs paient 2100 $ par personne pour un forfait tout compris de 3 jours/ 4 nuits. Le chalet de 22 chambres accueille 42 chasseurs qui connaissent invariablement l’une des expériences de chasse les plus mémorables de leur vie.

Luke King, avec ses parents Daniel et Robyn, chasse les oies sur la ferme régénératrice de la famille.

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