Bien Protégé

La réussite de cette entreprise passe par la diversification.

Bien Protégé

La réussite de cette entreprise passe par la diversification.

Exploiter une grande entreprise de culture commerciale et d’engraissement dans le sud-ouest de l’Ontario n’a rien de facile. La rentabilité des producteurs est sur la corde raide devant la volatilité des marchés, le resserrement des marges, les prix des terres et les restrictions environnementales strictes.

Fred et Gerald Van Osch ont vu que la meilleure façon de maintenir la rentabilité de leur ferme de Crediton, en Ontario, passait par la diversification pour maximiser le flux de revenus et réduire les coûts de production. Les frères ont un parc de 8000 bêtes, cultivent 4500 hectares et ont un élévateur à grain. Ils louent même le plan sud du toit de leurs trois étables de 245 mètres à une entreprise d’énergie solaire.

Comme la plupart des éleveurs de l’Ontario, les frères gardent leurs animaux à l’intérieur. L’environnement contrôlé permet d’obtenir des taux de conversion alimentaire plus uniformes toute l’année en comparaison des opérations de l’Ouest à ciel ouvert, explique Gerald Van Osch.

Leur parc d’engraissement à environ 20 kilomètres à l’est du lac Huron peut recevoir autant de pluie en un mois qu’un parc de l’Ouest en un an. Et l’effet de lac occasionne d’abondantes neiges. Un abri permanent protège les bêtes contre le froid et les vents humides de l’hiver et les protège de l’ardeur du soleil en été. Les bâtiments sont conçus pour avoir un approvisionnement constant d’air frais qui favorise la santé du troupeau.

« Un plancher de béton est indispensable, dit Fred Van Osch. Ce n’est pas comme dans l’Ouest où il suffit d’une grosse pente. Les Grands Lacs nous amènent tant de pluie que les bêtes s’enliseraient jusqu’au cou s’il n’y avait pas de béton. »

Litière fraîche. Le fumier des parcs s’écoule sur le béton vers les fosses à lisier, mais toutes les bêtes ont une litière de paille dans les enclos couverts, dit Fred. La paille est toujours gardée fraîche. Les enclos sont nettoyés aux 10 jours. Le fumier est enlevé, mis dans une fosse et une paille fraîche est étendue. La capacité de stockage de fumier est de 365 jours.

Le bétail a toujours fait partie de l’entreprise Van Osch mais une décision d’expansion fut prise à la fin des années 1990. Les vieilles installations furent démolies et remplacées par trois nouveaux bâtiments en 2003, pouvant ainsi passer de 500 à 8000 bêtes. Le feu détruisit un bâtiment en 2015 mais son remplacement est ultramoderne. Il attire des visiteurs de partout dans le monde.

Ils préparent leurs propres aliments, incluant le prémélange, directement à leur moulin de ferme.

« Ce serait facile de gérer un parc d’engraissement si on avait une boule de cristal, dit Fred Van Osch. Les marchés sont tellement volatiles. Combiner les cultures et les bêtes nous aide à gérer le risque. Si un secteur baisse, l’autre monte habituellement. »

La famille cultive en rotation le blé d’hiver, le maïs et les fèves (soja, haricot ordinaire et haricot rond blanc). Le fumier sec de leurs fosses est épandu sur le chaume de blé et intégré au sol le plus rapidement possible pour nourrir le maïs de l’année suivante.

Selon Fred, l’objectif est d’intégrer rationnellement les bêtes et les cultures pour maximiser la rentabilité. Ils font des cultures de luzerne et d’ensilage pour la pâture et utilisent les nutriants du fumier pour fournir le phosphore et le potasse nécessaires aux cultures. Tout cela est décrit à la gestion des nutriants de leur Plan agricole environnemental.

« Le fumier épandu élève la matière organique du sol tout en l’ameublissant, dit Gerald. Les avantages furent très clairs lors de l’année sèche 2016. Nous avons pu ainsi conserver l’humidité que nous avions pour répondre aux besoins de la culture. D’autres fermes de la région ont fait du maïs à 200 boisseaux alors que nous en avons eu 252 et produit 96 tonnes de maïs d’ensilage par hectare. »

« Acheter et vendre du bétail à prix rentable est tout un défi dans le marché actuel, dit Fred. Ça prend de la finesse. Il faut connaître ses coûts et savoir lire les tableaux. L’horaire n’est pas toujours parfait et c’est une question de gros bon sens. Nous essayons d’être uniformes et de faire de notre mieux. »

Gerald et Fred Van Osch maximisent leur rentabilité par une grande diversification des opérations.

Contrôle des coûts. Les frères font aussi de leur mieux pour contrôler les dépenses. Ils ont leur propre élévateur au centre de la ferme pour préparer leur nourriture, incluant le prémélange, avec leurs propres moulins. Ils réduisent les coûts de camionnage en combinant les envois de maïs de la ferme vers les usines de production d’éthanol de la région et le retour des sous-produits des distilleries vers leur parc d’engraissement.

L’élevage intégré aux entreprises aide les Van Osch à tirer le maximum des ressources humaines. Ils peuvent ainsi fournir des emplois toute l’année et garder leurs bons employés.

« Par exemple, nos fils, Brendon et Kurtis, travaillent avec une équipe tout l’hiver dans notre grand atelier chauffé pour l’entretien de l’équipement, dit Fred Van Osch. Une autre façon de contrôler les coûts. Les profits sont très minces dans ce secteur et il faut surveiller de près les dépenses. Mais ce serait impossible sans diversification. Et c’est ça, le secret. » 

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