Bienvenue à Lake Nowhere

Là où les mulets et les ànes font la loi.

Bienvenue à Lake Nowhere

Là où les mulets et les ànes font la loi.

Prenez la route entre les villes de Dresden et Martin, Tennessee, et cela vous mènera éventuellement à Lake Nowhere. C’est là que se trouve la ferme Lake Nowhere Mule and Donkey Farm de Deb Kidwell vouée à la production de certains des meilleurs American Mammoth Jackstock, des bêtes fortes et débordantes de santé.

Ces gros ânes occupent tout le temps de la vie diversifiée de Madame Kidwell qui l’a fait passer d’une grande ville du sud de la Floride à un coin de terre tranquille de 45 hectares dans l’ouest du Tennessee.

La passion des ânes. Quand elle dit « Ma passion est d’élever des bébés », elle ne parle pas des enfants mais bien des ânes naissants. « J’ai probablement la meilleure lignée d’ânes au pays », dit-elle. Ce groupe génétique d’élite signifie que les connaisseurs d’ânes et de mulets du pays portent en estime la qualité de ses bêtes. Et pratiquement tous ses ‘bébés’ ont un foyer qui les attend avant même de naître.

Quand Mme Kidwell est arrivée en 2004, la propriété tombait en ruines. Bâtiments délabrés et pâturages envahis par les mauvaises herbes. Mais elle s’amouracha du lac, de la forêt et des champs. Les cabines avaient un certain potentiel. Elle en transforma une en bureau et rénova les autres pour accueillir les acheteurs d’ânes venus de loin.

« Avant d’arriver, je n’avais jamais vu d’ânes ou de mulets. Mon père était dresseur de chevaux chez Appaloosas, à Miami. Je connaissais donc assez bien les chevaux mais pas les ânes et les mulets », dit-elle.

Avant le Tennessee, elle géra une pépinière en Floride après plusieurs années de service policier. Elle a aussi travaillé pour la garde côtière de la Floride et même jusqu’à New York. Elle et son mari, Jim, voulaient avoir une vie plus tranquille et c’est ce qui les mena à Lake Nowhere.

Deb Kidwell avec l’une des ânesses American Mammoth Jackstock de la ferme Lake Nowhere Mule and Donkey Farm près de Martin, dans l’état du Tennessee.

Au début, elle acheta une jument belge et sa pouliche. Elle se fit convaincre d’amener la pouliche à la foire du comté de Gibson et c’est là qu’elle a commencé à étudier les mules.

« Les mules sont si douces, même celles qui ne se connaissent pas restent détendues près des autres. Je les ai trouvées amusantes et intéressantes et je suis allé les toucher. Je me suis dit qu’elle était super cool », dit-elle. Elle rentra à la maison et commença à lire sur les ânes et les mules, amorçant une énorme collection de livres anciens et nouveaux sur le sujet. L’ouverture de sa propre ferme d’ânes et de mules suivit naturellement.

« La recherche m’a passionnée. J’ai passé pas mal de temps à Mount Vernon à rechercher le rôle de George Washington sur les ânes et les mules. Washington est le père du baudet américain. Il a accouplé un âne espagnol à des ânesses maltaises. C’est ce qui a donné l’American Mammoth Jackstock, la seule race américaine à produire de plus grosses mules », dit-elle. « J’ai découvert que les mules étaient super. L’étude du Jackstock fut le glaçage sur le gâteau », dit-elle.

Une race ayant le passé de l’American Mammoth Jackstock ne peut pas être délaissée, dit-elle. Elle figure pourtant dans le Livestock Conservancy, ce qui signifie que moins de 200 sont enregistrées par année.

« Il faut se rappeler ce que Wash-ington a fait pour développer ces bêtes pour aider les agriculteurs américains à avoir de bonnes mules fortes. Il faut se souvenir des baudets et des mules qu’avait Henry Clay à Ashland, Kentucky. Thomas Jefferson en avait nommé une Dolphin. L’âne de Washington, le premier de la lignée, fut un cadeau du roi d’Espagne et appelé Royal Gift, faisant 15 mains de hauteur », dit-elle.

Mules au travail. « Ce pays n’a pas été bâti à dos d’âne mais à dos de mulet. Ils sont toujours importants. Là où un hélicoptère ne peut aller, un mulet s’y rendra », affirme-t-elle.

Sa recherche approfondie la mena à devenir chroniqueuse du magazine Western Mule, lui donnant un haut profil dans l’industrie. Le moment était parfait, dit-elle, compte tenu de la remontée de ces bêtes.

Les animaux de Deb Kidwell réussissent bien aux foires, mais son objectif est de produire des bêtes de travail plutôt que de parade.

« L’animal est fascinant, devenant très populaire pour la randonnée et la conduite, dit-elle. Il vous donnera beaucoup de plaisir sans vous faire de mal. »

Elle est particulièrement fière de son géniteur, Genesis, un gros âne noir prolifique auprès des juments et des pouliches. Il a maintenant des descendants au Missouri, au Texas, en Ohio, en Caroline du Nord, en Floride, en Californie et même en Israël.

« Il a été accouplé à des Belges, Percherons, Clydesdales, Appaloosas, Thoroughbreds, Tennessee Walkers et Missouri Foxtrotters pour produire des mules. On peut s’y fier », dit-elle.

Elle est sélective quant aux pouliches et aux juments qu’elle accouple à Genesis. Elle veut maintenir une haute qualité. Elle sélectionne avec autant d’attention les acheteurs de ses ‘bébés’. « Les acheteurs doivent avoir un bon foyer, de bonnes installations et des animaux d’accompagnement. J’aime ces petits ; je ne les envoie jamais là où ils ne seraient pas bien. La plupart des acheteurs deviennent des amis et restent en contact avec moi », dit-elle.

« Je pense que l’American Mammoth Jackstock est la race patrimoniale la plus américaine qui soit. » 

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