Brésil en Essor.

D'ancien pionnier en centrale agricole mondiale.

Brésil en Essor.

D'ancien pionnier en centrale agricole mondiale.

En moins d’une génération, le Brésil a été catapulté en une centrale agricole mondiale. Le tiers du soja mondial pousse au Brésil. Ses expéditions de maïs ont quadruplé depuis 2000/2001, l’élevant au deuxième rang des exportateurs. Les brésiliens ont développé des variétés pour exportation en Asie et en Amérique. Après avoir fouillé l’Inde à la recherche de géniteurs dans les années 1960, les brésiliens offrent maintenant la génétique des zébus aux acheteurs indiens.

Avivé par le porc, la volaille et deux récoltes par année, l’état occidental de Paraná a la plus haute production mondiale de protéines par mètre carré, indique le conseiller Alexandre Hornemann du consulat danois dans la capitale du Brésil, São Paulo.

Seconde récolte. Le soja nous vient d’abord à l’esprit en pensant au Brésil. Et pour cause. Le pays en produit plus de 140 millions de mètres cubes chaque année. Mais les producteurs brésiliens ont encore plus d’intérêt pour le maïs, le safrinha surtout. Ce maïs double culture de courte saison, récolté en hiver, est semé à l’automne après le soja dans plusieurs parties du pays.

« Il y a quelques années, le maïs était surtout cultivé en été, dit le sélectionneur Luiz Pires de la station KWS de Cambé, Paraná. Maintenant, plus de 70 % de tout notre maïs est en safrinha, la seconde récolte. »

La ‘petite récolte’, le safrinha a presque triplé de 30 à 80 millions de tonnes métriques par saison depuis 15 ans. Selon lui, le croisement entre les lignées tropicales résistant aux maladies et celles écourtant la maturité à 135 jours convient parfaitement à la production d’hiver au Brésil. KWS teste aussi des hybrides d’hiver en Chine et en Thaïlande. (GDM travaille à développer des variétés de soja de marque DONMARIO en conjonction avec les phytosélectionneurs américains.)

Un rapport de 2016 d’Ed Allen et Constanza Valdes du U.S. Department of Agriculture’s Economic Research Service, a signalé le défi du safrinha pour les producteurs américains. Non seulement par la taille mais par son arrivée sur le marché coïncidant à la moisson américaine du maïs.

Une partie reste au pays pour l’industrie de la production de viande. Frísia, une coopérative laitière diversifiée de 600 millions $, élargit graduellement son emprise porcine de 2500 têtes par jour en 2015 à un objectif prévu de 9000 en 2025. Son marché domestique absorbe 85 % des ventes de porc, mais une forte croissance de ses exportations est à prévoir.

Ricardo Cogo, le directeur d’élevage de Frísia à Castro, Paraná, note que plusieurs membres ont adopté les pratiques européennes. L’installation de transformation assomme les porcs au CO2 plutôt qu’à l’électricité.

« Nous croyons que c’est la façon correcte de les traiter », dit-il. Les pratiques de bien-être animal favorisent la qualité et répondent aux attentes des européens. Mais selon lui, les exportations de porc passeront d’abord par la Russie et la Chine.

L’agriculture de Paraná est également liée à l’Inde. En 1960, Celso Garcia Cid visita le pays et ramena 112 zébus pour revigorer le cheptel bovin du Brésil. Ses petits-fils, Guilherme et Gabriel, exploitent aujourd’hui Fazenda Cachoeira 2C et produisent des bovins quasi inimaginables il y a à peine un demi-siècle.

Du temps de Celso Garcia Cid, il était rare d’abattre un bouvillon de 270 kg après 6 ans de broutage. Aujourd’hui, la génétique des zébus raffinée au Brésil peut donner une carcasse de 600 kg en 2 ans. Les croisements zébu–européen excellent dans les parcs d’engraissement qui représentent 13 % du boeuf du Brésil.

Trajectoire. L’une des grandes entraves à la compétitivité du Brésil est son réseau ferroviaire clairsemé et délabré.

Il n’est pas rare pour les camionneurs de transporter le soja sur 1300 km, du champ à une installation d’exportation.

Regis Prunzel est directeur portuaire pour les coentreprises de Cargill-Dreyfus, TEG, TEAG et TES à Santos/Guarujá. Selon lui, la voie nord sud prévue pour 2022 fera passer de 53 à 70 % les arrivages de grain à ses terminaux, accélérant le déchargement et réduisant les coûts de transport. ‡

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