Collier Bovin

L’évolution du broutage par clôturage virtuel.

Collier Bovin

L’évolution du broutage par clôturage virtuel.

Une révolution en technologie de clôturage a jadis changé le panorama de l’Ouest canadien et américain. La prochaine étape en technologie de clôturage, le clôturage virtuel, pourra en faire autant.

En 1874, le développement du fil barbelé a signalé la fin de la gestion du bétail en pâturages libres. De vastes espaces verts jadis ininterrompus furent rapidement entrelacés par le métal tressé.

La clôture électrique d’installation encore plus rapide mena à une segmentation encore plus grande. Plus il avait de clôture, mieux l’éleveur pouvait gérer le mouvement de ses bêtes et améliorer l’intendance de ses ressources agraires.

L’installation et l’entretien des clôtures coûtent cher et figurent rarement parmi les tâches préférées. Ces facteurs ajoutés aux difficultés et à l’immensité du terrain interdisent le clôturage dans plusieurs régions.

Avec le clôturage virtuel, Leo veut cibler les espèces invasives, brouter des pare-feu, limiter l’accès riverain et améliorer l’environnement pour la faune.

Avec le clôturage virtuel, l’éleveur peut ériger des tours de communication, mettre un collier aux bêtes, créer un nombre illimité de zones et les déplacer sans avoir à quitter le confort de son fauteuil.

Si elle est acceptée d’emblée, cette nouvelle technologie peut inverser 150 ans de tradition de clôturage. La possibilité de rouvrir de vastes aires de prairies tout en conservant le contrôle du mouvement des bêtes serait avantageuse à plusieurs niveaux, aussi bien pour l’éleveur que pour la faune.

Vence compte parmi les entreprises en démarrage offrant le clôturage virtuel et le contrôle autonome.

« La gestion de la terre et de l’animal est extrêmement dynamique. Mais le clôturage est un système statique coûteux », indique Frank Wooten, PDG et cofondateur de Vence. Leur système est bien plus flexible. « Nous pouvons gérer 50 bêtes ou plus en rotations d’une demi-journée sur à peine 10 acres. »

Mais ils voient leur produit parfaitement adapté à de grandes prairies, comme le ranch Barthelmess du Montana central, par exemple. Leo Barthelmess et sa famille y élèvent 600 bovins et 1000 moutons sur 25 000 acres de terres privées ou en location à bail de l’état et du fédéral.

Les colliers GPS dirigent le broutage et fournissent les données aux parties intéressées, allant des consommateurs aux gestionnaires des terres.

Quand la propriété a été achetée en 1964, un pâturage couvrait 11 000 acres. La famille a maintenant en rotations 33 pâturages allant de 9 à 6000 acres. Le bétail fut déplacé 100 fois en 2019.

Le clôturage est le facteur limitatif. Le ranch a 60 milles de clôture à fil barbelé et 10 milles à 2 fils électriques. Un nouveau clôturage permanent coûterait de 3000 à 6000 $ le mille. Leo espère donc s’orienter vers les colliers.

Installation. Le système de clôturage virtuel Vence est composé de tours de communication et de colliers placés au cou des bêtes. Les tours captent les données des colliers et leur transmettent les plans de broutage.

Le collier suit par GPS l’emplacement de l’animal. À l’approche d’une barrière, le collier émet un signal d’avertissement. Si l’animal continue de s’en approcher, il reçoit un bref stimulus électrique.

« Nous contrôlons dans les 48 heures 90 % ou plus du troupeau. Avec le temps, les données indiquent que moins de 15 % poussent les barrières au point de déclencher un stimulus », dit M. Wooten.

Les colliers fonctionnent en terrain accidenté sans transfert constant des données. La pile peut durer 9 mois en broutage intensif et jusqu’à 2 ans si utilisée pour la gestion de plus grandes zones.

On peut acheter les tours pour environ 10 000 $ chacune. Pour les colliers, le tarif est de 1,25 $ à 3 $ par mois par animal, selon la taille de l’opération.

Potentiel. Les Barthelmess ont ajouté 45 jours de broutage d’hiver intensif et sont enthousiasmés par les possibilités du rassemblement virtuel du troupeau.

Ils espèrent faire brouter agressivement de vieux prés d’agropyre à crêtes et ramener la production à des espèces naturelles. Leur ranch est traversé par la plus grande route de migration de l’antilope et abrite la gélinotte des armoises et plusieurs autres espèces que Leo veut aider.

« Je ne suis qu’une des espèces habitant ici », indique-t-il.

Il a érigé 5 tours et posé 400 colliers à l’automne 2019. Son plan à long terme n’est pas encore fixé mais il y voit les possibilités.

« Les utilisations et applications sont limitées à l’imagination, dit Leo. Mais quand vous commencez à gérer d’aussi près, c’est vous qui êtes responsable des résultats obtenus et vous avez intérêt à ce que tout soit bien fait. »

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