Conservation de Precision

La technologie identifie la meilleure utilisation

Conservation de Precision

La technologie identifie la meilleure utilisation

La technologie donne une nouvelle perspective aux efforts de conservation offerts aux agriculteurs. Au lieu d’une législation impérative, une nouvelle méthodologie carburée aux données sert à établir des programmes économiques et efficaces. L’approche de conservation de précision permet de cibler les projets de la bonne taille, au bon endroit, pour maximiser les bénéfices environnementaux et minimiser leur impact économique.

Every Acre Counts est justement un de ces programmes qui sont offerts cette année aux agriculteurs de 15 comtés du Dakota du Sud, en partenariat avec USDA-NRCS South Dakota, le service de vulgarisation South Dakota State University (SDSU) et Second Century Habitat Fund.

« Le premier objectif est d’améliorer la rentabilité, la diversité et les avantages écosystémiques de l’agriculture en utilisant les technologies de précision pour aider les producteurs à prendre des décisions informées pour chaque acre de leurs opérations, indique Anthony Bly, un spécialiste des sols à l’université SDSU. Nous voulons augmenter le rendement sur investissement et la viabilité des terres et des autres ressources naturelles.

Le projet y arrive par l’analyse logicielle des dossiers de culture de précision, incluant les cartes de rendement et d’application à taux variable, pour identifier les zones du champ à rentabilité marginale. Une liste des pratiques alternatives pour ces zones est fournie avec une évaluation de leur impact sur la rentabilité du champ et une assistance à l’inscription aux programmes avec appui financier.

L’idée a intéressé Brandon Hope, agriculteur de Volga, Dakota du Sud, qui fut l’un des premiers à s’inscrire au programme.

Grâce à un octroi de Pheasants Forever, une équipe d’étudiants en ressources naturelles et agriculture de précision à l’université SDSU a analysé un des champs de monsieur Hope pour déterminer l’impact du programme Every Acre Counts. « Ce champ bordé de zones marginales a un grand marécage au centre et nous savions déjà que son seuil de rentabilité était bas », précise monsieur Hope.

L’agriculteur du Dakota du Sud, Brandon Hope (à gauche) consulte Eric Magedanz, biologiste de Pheasants Forever sur les pratiques et les programmes de conservation.

« Ils utilisèrent mes dossiers de production pour montrer que la rentabilité augmenterait en inscrivant ces acres à un ou plusieurs programmes de conservation. Comme nous dépensions plus en intrants pour ces terres que le rendement obtenu, pourquoi ne pas adopter des pratiques de conservation qui fournirait un rendement favorisant l’environnement et améliorant le sol ? » ajoute-t-il.

Les bénéfices. La carte de rentabilité et l’analyse des profits de la culture de maïs de 2016 du champ que M. Hope a inscrit au programme Every Acre Counts est présentée ci-dessous. Environ 10 % des 106,8 acres ont perdu 100 $ ou plus par acre. Le fait de retirer ces terres de la production (lignes noires entourant le marécage) aurait réduit de 10 600 $ les coûts des intrants pour le champ et donné un rendement moyen de 179,9 boisseaux par acre dans un champ où la moyenne est de 187,3 boisseaux. Un profit net de 3638 $ comparativement à la perte réelle de 1315 $.

« Cela n’inclut pas ce que nous aurions reçu en paiement du programme de conservation, environ 200 $ par acre dans notre région, dit-il. L’analyse m’a ouvert les yeux sur le fait que les programmes de conservation et l’établissement de l’habitat peuvent coexister sans interrompre toute culture. »

Monsieur Bly dit que l’objectif d’Every Acre Counts est d’inscrire 40 producteurs dont les fermes démontreront de nouvelles façons de gérer les terres peu productives tout en élevant la rentabilité de la ferme. « Nous espérons que leur expérience s’étendra à des millions d’acres du Dakota du Sud marginalisés par l’érosion, l’eau ou la salinité du sol.

Les adhérents au programme recevront un incitatif initial de 150 $ par acre et une aide à obtenir d’autres argents d’autres sources. Il n’y a pas de servitudes mais un engagement de 5 ans est attendu. Le producteur choisit les terres à inscrire, contrôle l’accès à la chasse et est libre de faire paraître ou de récolter le fourrage.

« Le programme cherche à rendre les agriculteurs plus viables tout en bénéficiant à la vie sauvage, ce qui est si important ici au Dakota du Sud, dit Matt Morlock, coordinateur du Dakota du Sud pour Pheasants Forever. L’un et l’autre en bénéficient tout autant. »

Micro-économie. Le programme utilise le logiciel de gestion de zone de rentabilité AgSolver d’EFC Systems pour analyser à haute résolution la performance financière du champ. Il est préférable d’avoir au moins 4 ans de données d’agriculture de précision pour une analyse précise.

« Le mieux est d’avoir toutes ces données historiques mais nous pouvons commencer avec moins, dit Jeremy Wilson, vice-président, EFC Systems. L’imagerie aérienne des années précédentes peut être utilisée si les cartes de rendement ne sont pas disponibles.

Selon M. Wilson qui travaille avec les producteurs par le biais des fournisseurs de services, la plupart savent où sont leurs terres marginales mais ne voient pas l’hémorragie financière qu’elles occasionnent. Il donne en exemple sa ferme d’Olney, Ill.

Jeremy Wilson a quantifié le retour sur investissement de chaque acre de sa ferme.

« Dans un champ, nous avons analysé 14 années de données financières pour déterminer le rendement sur investissement de chaque acre. Il y avait trois petites zones qui nous coûtaient en moyenne 100 $ par acre chaque année. Il faudrait augmenter le rendement de 40 boisseaux pour les rentabiliser et nous avons inscrit une zone au programme de bande-filtre CRP à 144 $ par acre et nous essayons d’inscrire aussi les autres », affirme-t-il.

Autres efforts. Chesapeake Conservancy a utilisé la technologie de précision pour atteindre de nombreux objectifs axés sur la conservation dans le vaste bassin hydrographique de 165 000 kilomètres carrés de Chesapeake Bay.

« Au lieu de créer de vastes parcs comme on le faisait autrefois, nous utilisons les données à haute résolution pour déterminer où une culture de soutien, une bande d’herbe, un étang de rétention ou encore une zone-tampon bénéficiera le plus au terrain », dit Jeffrey Allenby, directeur de la technologie de conservation.

Selon M. Allenby, Chesapeake Conservancy essaie même d’aller encore plus loin. « Nous voulons implanter des programmes de financement récompensant plutôt les agriculteurs pour la quantité d’azote ou les tonnes d’érosion de sol qu’ils préviennent. La technologie pour le faire n’existait pas il y a à peine trois à cinq ans. »

Cette technologie à haute résolution produit une carte qui répartit le bassin en 260 milliards de pixels représentant chacun environ un mètre carré. « En conjonction avec les données d’élévation engendrée par radar, nous pouvons cerner les projets de conservation sur les sources individuelles de pollution, indique-t-il.

La conservation de précision a aussi une grande importance en zone maïsière. On utilise la technologie pour étudier les ressources naturelles champ par champ en identifiant les pratiques qui traitent les questions environnementales d’une façon financièrement viable. Le programme Precision Conservation Management (PCM) est présentement offert dans certains comtés de l’Illinois et du Kentucky.

« PCM est un service de gestion qui aide les agriculteurs à identifier les pratiques de conservation les plus réalisables champ par champ, dit Laura Gentry, directrice, Water Quality Research, pour l’association des producteurs de maïs de l’Illinois, l’un des premiers promoteurs de cet effort.

Les spécialistes de PCM travaillent avec les producteurs pour réunir les dossiers agronomiques et les relier au soutien technique et incitatifs locaux. « Nous travaillons avec les producteurs pour identifier les besoins de conservation et recueillir les données pour une comparaison anonyme de leurs pratiques », affirme le spécialiste Clay Bess.

« PCM aide les producteurs à adopter des pratiques de production visant la conservation, affirme Dirk Rice, producteur de Philo, Ill. Essayer quelque chose de nouveaux est toujours risqué, mais en voyant les résultats combinés de grands groupes de producteurs, on se sent rassuré. Et cela me donne davantage confiance que ce que je fais ne va pas nuire à ma rentabilité. »

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