Culture à 110 Proof

Que faire avec du mais, de l'orge et du seigle?

Culture à 110 Proof

Que faire avec du mais, de l'orge et du seigle?

C’est aujourd’hui l’un des jeunes agriculteurs les plus progressistes de la Caroline du Nord. Mais quand il a commencé, Russell Hedrick, âgé de 33 ans, ne connaissait pratiquement rien. « J’étais un peu naïf, dit-il. Je pensais qu’il suffisait de mettre la semence en terre pour obtenir une récolte à l’automne. » Il en rit maintenant. « Je n’avais aucune idée de la complexité du métier. »

Déterminé à poursuivre son rêve d’enfance, M. Hedrick prit le taureau par les cornes il y a un peu plus de cinq ans… il quitta son travail de pompier pour devenir agriculteur. Il commença avec 12 hectares.

Son principal désavantage—il ne venait pas d’une famille agricole. Mais ce qu’il savait faire de ses cultures était une autre paire de manches—venant d’une famille de producteurs d’alcool noir communément appelé moonshine. « Mon grand-père et ses frères ont fait passablement de moonshine », dit M. Hedrick, ajoutant qu’ils avaient même fait un séjour en prison. Heureusement pour lui, ils ont légué la recette qui, avec deux partenaires d’affaires, a mené à son Gatlin 110 moonshine—tout à fait légal, évidemment.

Maintenant, à peine cinq ans plus tard, M. Hedrick a 400 hectares de cultures en rangs. Il a acheté et loué des fermes, cultive des céréales et élève des bovins, des porcs et des moutons. Il a tout appris sur YouTube et d’autres sites—et en rencontrant les bonnes personnes. Il a vite découvert les cultures de soutien et attribue aux gourous Gabe Brown, Dave Brandt et Ray Archuletta tous les bons conseils qu’il a obtenus. Il y a trois ans, North Carolina Farm Credit et North Carolina Tobacco Trust lui ont décerné le Prix du jeune producteur novateur.

Une bouteille montre les céréales entrant dans le produit final.

Monsieur Hedrick dit que le moon-shine—et ses divers bourbons—étaient des marchés naturels, non seulement à cause de son héritage mais du fait qu’il reconnaît la valeur du marketing direct et des médias sociaux. « C’est dur d’être agriculteur de première génération et de faire assez d’argent juste en amenant son produit à l’élévateur, dit-il. Avec le bourbon, nous allons directement au consommateur. » Il en est de même pour ses bêtes, ses semences et ses gruaux vendus pour la plupart sur Facebook.

« J’ai vite constaté que plusieurs agriculteurs, pourtant excellents, sont très mauvais en marketing, dit-il. Pour moi et pour d’autres jeunes agriculteurs, les médias sociaux ont servi de tremplin au marketing. »

Produire de l’alcool semble amusant—et pour dire vrai, ce l’est—et il est évident que M. Hedrick a créé un excellent marché. Quand le maïs se vendait 4 $ le boisseau l’an dernier, il vendait son produit sans OGM à la distillerie et obtenait 6,50 $. Il vend son Gatlin 110 Moonshine et son 1712 Bourbon directement aux magasins dans trois états—Caroline du Nord, Louisiane et Michigan—et en ligne dans 31 autres états sur cellar.com. Vous pouvez visiter le site de la distillerie à seventeentwelvespirits.com.

Environ 50 % de tout son maïs va à la distillerie, soit environ 8000 boisseaux par année. Et environ 40 % est vendu en gruau Heritage Ground.

Monsieur Hedrick admet ne pas tout faire lui-même. Il a lancé la distillerie avec deux partenaires, Zack Cranford et Tim Weaver. Il considérait monsieur Weaver comme un maître-distilleur mais il est décédé subitement l’an dernier et sa perte est lourdement sentie. « Tim était l’un des meilleurs du métier, dit-il, et il sera difficile à remplacer. »

Quant à eux, messieurs Hedrick et Cranford se portent bien. Le marché continue de grandir et les récompenses s’accumulent. « Avec toutes les médailles et les récompenses que nous avons reçues jusqu’ici, je crois que notre jeune entreprise se porte plutôt bien », dit M. Hedrick.

Dans tout ce qu’il fait, M. Hedrick reste au diapason du marché. Toute sa production est sans OGM. «Je n’ai pas de problèmes avec les OGM, mais c’est ce que les gens veulent avoir », dit-il.

La ferme et la distillerie font bon ménage car si une nouvelle idée lui vient en tête, il en fait lui-même la culture. Un alcool fort de triticale single malt peut-être ? Et voilà. Que donnera un blé appalachien de patrimoine ? Il le saura bientôt. « Nous essayons de trouver de ces vieilles céréales pour créer un produit supérieur », dit M. Hedrick. Il essaiera bientôt le blé rouge d’hiver Turkey.

Zack Cranford vérifie les progrès de la distillerie.

Il est très fier de son dernier produit—Bloody Butcher Bourbon, fait de maïs de patrimoine Bloody Butcher à pollinisation libre qui remonte à 1845. « Il est très doux et a un excellent profil de saveur », dit-il.

La plupart des visiteurs sont surpris d’apprendre que sa distillerie fait du bourbon. « Ils croient qu’on ne peut pas en faire hors du Kentucky et pourtant, c’est possible », dit-il. Son bourbon est le premier à être distillé en Caroline du Nord depuis la prohibition. Monsieur Hedrick organise plusieurs visites de la distillerie et de la ferme et est une véritable mine de renseignements. « Les gens demandent comment nous cultivons, ce qui entre dans la culture, dit-il. Ils veulent savoir ce qui sert à produire ce moonshine et ce bourbon. »

Évidemment, il faut goûter pour apprécier. « Des dames du Farm Credit en visite il y a deux semaines ont savouré notre alcool 140-proof comme si c’était un petit thé aromatisé. » 

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