Gardiens de troupeau

L'ane gardien aide cette ferme du Québec a réussir.

Gardiens de troupeau

L'ane gardien aide cette ferme du Québec a réussir.

Si les coyotes ou les chiens sauvages attaquent vos moutons ou vos chèvres, Marie-Noëlle Brien et Cécile Lacroze peuvent vous aider. Leur ferme, Asinerie Les Ânes en Culotte, près de Ste-Anne de la Rochelle, au Québec, est l’une des rares de la province à vendre des ânes gardiens de troupeaux. L’âne est longtemps demeuré l’animal oublié de la ferme. Mais la bête plaisante a acquis un nouveau respect pour son ardeur à protéger les troupeaux de moutons contre les prédateurs.

« Leur principal avantage sur les autres animaux gardiens de troupeaux est qu’ils mangent la même nourriture que les moutons, les chèvres et les bovins, dit Cécile Lacroze. Ils restent donc 24 heures par jour dans le troupeau qu’ils protègent. »

Prise en charge. Les ânes ont une aversion naturelle pour les coyotes et les chiens ; ils attaquent rapidement tout ceux qui s’approchent du troupeau, dit Mme Lacroze. Une charge rapide accompagnée de braiements forts suffit à les chasser. Si le prédateur s’attarde, il est poursuivi et frappé à coups de sabots.

Les composants du lait d’ânesse sont très recherchés en Italie comme ingrédients de produits naturels pour le soin de la peau et s’implantent au Québec.

Mesdames Lacroze et Brien achetèrent leurs deux premiers ânes en 2012 après avoir vu un documentaire à la télé. Elles recherchaient le bon créneau depuis leur arrivée à la ferme familiale Brien dans les cantons de l’Est du Québec l’année précédente, et furent rapidement séduites par les ânes. « Nous les avons tellement aimés que nous en avons acheté plusieurs autres la même année, dit Mme Lacroze. Ils sont forts et ont un tempérament calme. »

Les ânesses deviennent les meilleures gardiennes, dit Mme Lacroze. Les mâles intacts sont trop agressifs et imprévisibles pour la tâche et il peut arriver qu’ils attaquent les agneaux.

« Certaines bêtes deviennent d’excellentes gardiennes mais d’autres développent une agression envers les agneaux ou les chèvres, dit Mme Lacroze. Nous pouvons maintenant savoir en quelques semaines si la bête a le bon caractère pour protéger les agneaux. »

Si vous en achetez une pour protéger votre troupeau, il est essentiel qu’elle ait été élevée avec le type d’animal que vous désirez protéger, dit Mme Lacroze. Elle verra ainsi leur appartenance et voudra les protéger.

Marie-Noëlle Brien et Cécile Lacroze achetèrent leurs premiers ânes en 2012 après s’être installées sur la ferme familiale Brien avec leurs filles, Florane et Sasha. Elles ont tout de suite adoré ces bêtes.

La ferme garde des agneaux pour commencer à préparer les ânes en bas âge à leur futur rôle. Si possible, la vente des ânes est retardée pendant deux ans car le tempérament des ânons est trop imprévisible.

Lait d’ânesse. La ferme se spécialise aussi dans la production de lait d’ânesse. Bien que rare en Amérique du Nord, l’industrie est devenue très florissante en Italie ces 25 dernières années. La demande de l’industrie cosmétique pour le lait d’ânesse a contribué à la survie de plusieurs races d’ânes du pays.

Les ânesses sont traites une fois par jour après avoir été séparées de leur ânon pendant trois heures. La bête donne typiquement un demi-litre de lait. « Notre lait est lyophilisé et vendu pour la production de cosmétiques organiques ou utilisé pour nos propres produits naturels pour le soin de la peau vendus en ligne ou au magasin de la ferme, dit Mme Lacroze. La composition du lait d’ânesse est très différente de celle du lait de vache ou de chèvre. Une protéine en particulier, le lysozyme, a des propriétés anti-inflammatoires et hydratantes. »

Le marché pour leurs produits s’établit lentement au Québec selon Mme Lacroze. Elles espèrent suivre la même courbe de croissance que l’Europe. Entre-temps, elles augmentent leur production pour répondre aux besoins du marché. 

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