Gestion de l’Irrigation

L’alternance des années sèches et pluvieuses rend la gestion plus difficile.

Gestion de l’Irrigation

L’alternance des années sèches et pluvieuses rend la gestion plus difficile.

Trop mouillé — Trop sec — Trop mouillé ! Les précipitations dans les Rocheuses canadiennes oscillent entre les quantités extrêmes avec une telle régularité depuis 2016 que la météo semble rythmée au métronome cosmique. Vu que presque toute l’irrigation de l’ouest canadien dépend des écoulements d’eau dans le bassin de la rivière Saskatchewan Sud, sa gestion devient encore plus problématique et difficile.

« Étant toujours à la merci du temps, la gestion de l’eau n’est pas facile, indique Terrence Lazarus, directeur général du district d’irrigation de la rivière Sainte-Marie (SMRID). Il faut une législation flexible de la gestion de l’eau et un effort conjoint du gouvernement, des districts d’irrigation et des agriculteurs locaux pour essayer d’utiliser l’eau de façon plus efficace. L’eau est une ressource variable et restreinte. Il faut toujours essayer de faire plus avec moins. »

Le SMRID est le plus important district d’irrigation au Canada. Il est responsable de livrer l’eau sur 2060 kilomètres de canaux et pipelines à environ 150 500 hectares de terres au sud des rivières Oldman et Saskatchewan Sud, entre Lethbridge et Medicine Hat, en Alberta.

Approvisionnement. « Nous avons un approvisionnement d’eau très variable, dit M. Lazarus. Plusieurs ne réalisent pas que 75 à 80 % de l’écoulement annuel moyen des rivières vient de la fonte des neiges. Les grosses averses sont mémorables et on comprend que les gens croient qu’elles sont responsables de l’écoulement. Mais si on étudie les moyennes à long terme, elle vient de la fonte des neiges. »

Si vous voulez connaître la quantité d’eau qui sera disponible pour la prochaine saison de culture, les chutes de neige en montagne fournissent une bonne indication. Le gouvernement de l’Alberta surveille donc étroitement le manteau neigeux.

Lits à neige. « On utilise un type spécial de lit à neige à matelas rempli de glycol, dit M. Lazarus. Le poids de la neige fait augmenter la pression à l’intérieur du matelas contrôlé à distance. Cela fournit aux chercheurs une estimation de la quantité d’eau que contient le manteau neigeux. »

Mais cette méthode ne peut fournir qu’une information limitée. Le personnel du gouvernement survole régulièrement les montagnes en hélicoptère pour confirmer l’enneigement et sa teneur en eau. À la fin de la saison, il peut fournir aux directeurs des districts d’irrigation une bonne estimation de l’approvisionnement d’eau sans avoir de précipitation en saison.

La pression exercée sur le matelas spécialisé des lits à neige permet déterminer au poids la quantité de neige accumulée.

L’eau de fonte des montagnes est recueillie dans de grands réservoirs gérés par le gouvernement. Selon M. Lazarus, la capacité des réservoirs remplis est suffisante pour répondre à tous les besoins d’eau du district pendant au moins un an. Mais en cas de sécheresse prolongée, il faudrait rationner.

Les pluies saisonnières sont la variante de l’équation. S’il pleut beaucoup, les agriculteurs prennent moins d’eau d’irrigation, et vice versa par temps chaud et sec. Il faut donc une communication constante pour assurer un approvisionnement adéquat tout en maintenant le niveau des réservoirs.

« L’eau est trop précieuse pour la laisser se perdre, dit M. Lazarus. Nous avons donc un programme permanent pour réhabiliter nos canaux et nous travaillons continuellement à convertir nos canaux secondaires en pipelines. Au total, nous avons maintenant installé plus de 1000 kilomètres de pipelines. En 2016, nous sommes très fiers d’avoir posé 2,5 kilomètres de tuyau PVC de 1,5 mètre. Ils nous disent que c’est non seulement le plus gros tuyau en PVC au Canada, mais ils croient que c’est le plus gros tuyau au monde fabriqué de ce type de matériau. »

Les agriculteurs font aussi leur part, adoptant rapidement la technologie pour amener l’eau du pipeline aux racines des plantes de façon plus efficace, dit M. Lazarus. Environ 80 % des producteurs du district utilisent maintenant des pivots à basse pression produisant de grosses gouttelettes pour livrer efficacement l’eau aux plantes. D’autres utilisent la technologie des gicleurs à taux variable et certains essaient les systèmes goutte-à-goutte.

Capacité limitée. « Nous essayons aussi d’aider avec la prévention de l’inondation les années pluvieuses, mais nos capacités sont limitées, précise M. Lazarus. Les canaux de drainage augmentent de diamètre en s’éloignant des champs. C’est l’inverse avec les canaux d’irrigation. Nous ne pouvons donc pas éloigner beaucoup d’eau. Et nous ne pouvons pas non plus ramener l’eau des canaux d’irrigation dans la rivière car sa qualité n’est pas aussi élevée. Il faut toujours demeurer attentif à la relation avec la communauté en général. Si nous voulons damer le pion à nos détracteurs, nous devons démontrer clairement au public que ses inquiétudes nous tiennent à coeur. » 

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