Idée Fraichement Pressée

Marygrace Sexton déjoue les cotes et réfute les opposants.

Idée Fraichement Pressée

Marygrace Sexton déjoue les cotes et réfute les opposants.

Accroître la valeur des produits de base intrigue bien des producteurs. Peu poursuivent ce rêve et encore moins le réalisent. Marygrace et Bobby Sexton ont cru que leurs oranges et pamplemousses de la Floride pourraient faire mieux. Mais dans une industrie dominée par les grandes sociétés, une telle différenciation pouvait s’avérer difficile.

Ils savaient qu’un jus ordinaire ne suffirait pas. Bobby voulut savoir s’il y avait un créneau pour un produit supérieur, fraîchement pressé. Agrumicul-teur de cinquième génération, il venait d’une famille d’innovateurs enracinés dans l’industrie. Mais comme la culture et la conserverie occupaient tout son temps, Marygrace prit la barre.

En 1989, ils se lancèrent. Marygrace pressant les oranges avec un vieil extracteur d’un kiosque abandonné. Elle baptisa l’entreprise Natalie’s Orchid Island Juice, du nom de leur fille, et visita les marchés agricoles de Miami, arrivant aux petites heures en robe et en talons hauts. Pour les Floridiens, le jus avait le goût authentique d’un fruit frais cueilli d’un arbre de la cour. Et la clientèle accourut. Elle emprunta un camion réfrigéré et commença à faire des livraisons personnelles.

Les oranges s’acheminent vers l’extracteur aux installations de Natalie’s Orchid Island Juice de Fort Pierce, en Floride.

En moins d’un mois, son frère, John Martinelli, devint le premier employé permanent de la compagnie. Il y est toujours comme vice-président. Ancien joueur de football d’une équipe de Georgetown, il est de stature imposante à côté de sa soeur, mais c’est elle qui mène l’opération.

L’objectif demeure : un jus fraîchement pressé avec un traitement minimum, vendu à un prix supérieur. Le jus fin est pasteurisé pendant 6 secondes à la plus basse température permise par la FDA. Plutôt que d’utiliser des agents de conservation, le jus est expédié congelé.

Bobby Sexton avait vu juste. Leur jus est maintenant vendu dans 35 états et 32 pays. Ayant son siège au centre-ville de Fort Pierce, Floride, la compagnie emploie 130 personnes.

« Nous avons commencé à deux, John et moi. Le succès vient de la haute qualité de nos produits et de l’excellence des gens que nous employons », dit Marygrace.

« La plupart d’entre nous n’avons pas toutes les compétences requises pour l’entreprenariat. Nous combinons nos forces. Bobby est notre agronome. Frank Tranchilla, chef des opérations, est diplômé en microbiologie et fut une excellente addition. Notre fille, Natalie, est maintenant avec nous et est excellente en marketing. Mon frère, John, a de l’entregent. Mon autre frère, Bill, est ingénieur de nature. Et on me connaît comme quelqu’un qui accomplit la tâche. »

L’effort de Marygrace Sexton pour vendre du jus d’agrumes de haute qualité a mené à une entreprise de 130 employés et des ventes internationales.

Ouvrir le créneau. « Nous avons entrevu un créneau. Le prix est plus élevé mais le goût le justifie. Les gens qui aiment le vrai jus fraîchement pressé connaissent le goût. Cela nous avantage comme producteur. Propriétaires du fruit, nous pouvons acheminer la valeur jusqu’à la ferme, dit Bobby. Je connais le fruit ; ma femme connaît les affaires. La combinaison a réussi. » La compagnie achète chez d’autres Floridiens produisant un fruit de qualité et vend uniquement un produit de la Floride.

« Nous soulignons la connexion avec la Floride. Nos racines sont profondes et nous voulons faire de notre mieux pour l’agriculture d’ici », dit-il.

Partant du jus d’orange et de pamplemousse, ils se sont étendus à la sanguine, l’orange de Tanger, la tomate et divers mélanges incluant orange/betterave, orange/mangue, carotte/tomate/céleri, citron, lime, -limonade et d’autres.

« Nous garantissons que nos jus sont exempts d’agents de conservation, concentrés, saveurs ajoutées, OGM et ingrédients artificiels. C’est ce que recherchent aujourd’hui beaucoup de consommateurs. Notre emballage est 100 % recyclable. Nos pelures nourrissent les bovins », dit Marygrace. Le secteur des mélanges leur ouvre la porte sur celui des boissons de fruit. Son expansion peut parfois être assez surprenante.

« La montée du mélange de jus orange/betterave fut spectaculaire, tout comme le mélange de jus de tomate. Les athlètes les recherchent. Le jus de betterave oxygène le sang ; le jus de tomate aide les muscles.

Une orange d’une des orangeraies de Bobby Sexton. La compagnie utilise pour ses jus un fruit de haute qualité ayant la bonne teneur en sucre. « Offrez la qualité et les ventes suivront », dit-il.

« Nos clients nous présentent leurs idées ‘Pouvez-vous faire ceci ou cela ?’ Nous sommes assez petits pour essayer des choses et satisfaire le besoin. Nous ne dépensons rien pour lancer un nouveau produit », dit Marygrace.

« Nous sommes assez petits pour avoir des capacités de production flexibles. Nous réagissons rapidement. Si nous voyons le marché aller vers quelque chose comme les recettes de dîner préparé, nous pouvons y ajouter nos propres gammes», dit John Martinelli.

Sous la direction de Marygrace, l’entreprise est axée sur un style de vie sain. Elle est cycliste avide et la vision de la compagnie reflète son attitude. Elle a fait construire un centre d’exercice au siège de la compagnie. Les employés peuvent l’utiliser gratuitement et ont accès à des entraîneurs durant les heures de travail. La compagnie commandite aussi des courses cyclistes et d’autres activités athlétiques.

« Nous sommes une compagnie locale et nous sommes près des gens d’ici. Une compagnie comme la nôtre doit promouvoir la santé. La vision de Marygrace n’est pas seulement le développement de la compagnie mais de chaque personne. Nous avons une bibliothèque de développement personnel pour favoriser l’évolution de l’être intérieur. Nous savons que Natalie’s ne pourrait exister sans les gens qui travaillent ici », dit Bill Martinelli.

Marygrace, la fondatrice, n’a pas de plans de retraite mais en un plan de succession. « Les entreprises lancées par des entrepreneurs tendent à échouer à l’arrivée de la seconde génération. C’est ce que nous voulons éviter avec notre plan », dit-elle.

Initiative. Pour l’instant, la croissance continue. Bobby cultive les agrumes et les nouvelles idées bourgeonnent. Marygrace mène l’entreprise. « Mon beau-frère a de l’entreprenariat. Ma soeur a de l’initiative. Si elle veut servir un jus à ses enfants, elle le sert aussi au monde entier », dit John Martinelli.

Regardant ses produits étalés sur la table, Marygrace dit « mes parents travaillaient très fort mais étaient très pauvres, chose que  nous n’avions pas réalisée. Cette entreprise est bâtie sur une crainte de la pauvreté. Nous utilisons maintenant la prospérité pour travailler encore plus fort et pour fournir des emplois à d’autres dans cette communauté. » 

Read more