La Grande Restauration

Produire plus d’aliments tout en restaurant les ressources est la mission de l’agriculture du 21e siècle.

La Grande Restauration

Produire plus d’aliments tout en restaurant les ressources est la mission de l’agriculture du 21e siècle.

Les pionniers de l’Iowa du milieu des années 1800 ont écrit dans leur journal intime que l’herbe des prairies poussait très haut. Certains notèrent même que leurs bêtes pouvaient se perdre dans cette jungle végétale et qu’il fallait monter à cheval pour trouver un troupeau égaré.

Une exagération, peut-être, mais il ne fait aucun doute que ces terres agricoles étaient alors profondes, fertiles et débordantes de matière organique et d’éléments nutritifs. Et la terre était en équilibre. Dame Nature faisait pousser ses fourrages fabuleux sans prêt d’exploitation et sans acheter le moindre intrant cultural.

Produire plus d’aliments tout en restaurant les ressources est la mission de l’agriculture du 21e siècle. L’agriculture est évolutionnaire, définie par de vastes mouvements alors que le flux et le reflux du temps change sa nature même. Alors que la pensée collective de l’agriculture devient éclairée, de nouvelles directions se dessinent.

Le dust bowl a amené une ère de conservation du sol, une tendance maintenue jusqu’à la fin du 20e siècle et toujours tout aussi importante.

Mais ce nouveau siècle sera défini par La Grande Restauration. Cet effort enjambe tous les aspects importants de l’engagement implicite de l’agriculture avec les consommateurs ; de la restauration de la santé du sol à la protection des pollinisateurs, à l’infusion d’une nouvelle vie dans les communautés rurales. La viabilité de la production alimentaire est devenue incontournable pour notre société.

Le legs agricole prend aussi une nouvelle importance. Et d’un point de vue sociétal, rien ne peut être plus précieux que de transmettre le savoir-faire agricole de génération en génération. C’est pourquoi on voit aujourd’hui une plus grande participation de groupes allant des agences gouvernementales aux groupes environnementaux, universitaires et agrinégoces, unissant le soutien et aidant à financer cette nouvelle direction de l’agriculture. Et l’appui financier sera inéluctable. Par exemple, il faut souvent plus de 500 $ l’hectare pour les semences d’un habitat à papillons, et la société devra aider à défrayer cet effort.

Mais ce besoin éperonne aussi la coopération entre l’activiste environnemental et l’agriculteur (qui est ultimement l’environnementaliste le plus important). Restaurer l’agriculture aide à nourrir le monde tout en aidant à réduire les coûts du producteur. Cette approche s’aligne sur la vision environnementaliste de protéger la qualité de l’eau, favoriser la biodiversité et réduire l’utilisation des pesticides.

Le nouveau slogan de l’agriculture n’en est pas un ; c’est la production responsable d’aliments, de carburants et de fibres tout en restaurant la planète. Nous ne reverrons jamais la prairie d’antan. Mais les gens que vous rencontrerez dans ce numéro spécial travaillent à en ramener la gloire. Bonne lecture.

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