Lin pour Fibre et Pâture

Une alternative rentable de l’Ouest pour la région du Bas St-Laurent au Québec.

Lin pour Fibre et Pâture

Une alternative rentable de l’Ouest pour la région du Bas St-Laurent au Québec.

Les fleurs de lin bleu lavande  qui embellissent les Prairies canadiennes en juillet pourraient bientôt devenir un élément familier du panorama de la région du Bas Saint-Laurent. La culture semble uniquement destinée à la région. Les chercheurs et les producteurs ont constaté qu’en semant ici des variétés oléagineuses de l’Ouest, leur climat force la paille à produire de longues fibres apparentées à celle des variétés d’Europe. Cela permettrait aux producteurs du Québec de vendre à la fois la fibre et la graine de lin.

Jean Côté, producteur laitier et commercial de Sainte-Luce, à l’est de Rimouski, a commencé à cultiver du lin en 2009 dans le cadre des essais de diversification du Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ).

Usages industriels. « Le rendement et la qualité se comparent au lin des Prairies mais notre paille est différente, dit-il. Par contre, la longueur et la taille des fibres s’apparentent au lin utilisé en Europe pour l’isolation et les plastiques thermiques. »

Monsieur Côté joignit une délégation qui apporta des échantillons à un groupe de fournisseurs belges et français venu à Toronto en 2016 pour développer les marchés de la fibre en Amérique du Nord. Les Européens furent si impressionnés par la qualité de la fibre qu’ils étaient prêts à signer sur-le-champ des contrats pour 2000 tonnes de fibres. Mais les producteurs durent refuser, ne pouvant pas fournir ce volume.

La teneur en huile des variétés de lin de l’Ouest est bien connue mais c’est la qualité des fibres de sa paille qui distingue les variétés cultivées ailleurs.

« Nous devons travailler sur une plus petite échelle, dit-il. Notre groupe espère amener dans la région une petite usine de traitement pouvant convertir la fibre de lin en matière brute entrant dans la fabrication de divers produits. »

Les producteurs qui seraient intéressés à fournir la fibre moissonneraient leurs graines de lin avec du matériel ordinaire. Ils laisseraient alors les résidus de paille dans le champ pour que les bactéries commencent à décomposer les tissus cellulaires et la pectine de la paille.

Ce rouissage facilite beaucoup la séparation des touffes de fibres au traitement subséquent. Après quoi, la matière est pressée et entreposée.

L’option fibre s’avère prometteuse mais les producteurs s’intéressent présentement à la production de graines. Le lin peut être très rentable. Les superficies ensemencées ont grimpé en 2018 quand La Financière Agricole a commencé à offrir une assurance de production pour cette culture.

Bénéfices des rotations. André Riou, agronome et producteur de St-Simon de Rimouski, a commencé à semer du lin en 2017. L’avoine pour la consommation humaine est la principale culture de sa rotation et il a constaté que les options pour l’avoine sauvage disponibles pour le lin s’intégraient bien à son assolement. Mais les options de marketing sont limitées.

Jean Côté inclut 500 grammes de lin à la ration quotidienne servie aux vaches matures de son troupeau.

« Le lin est utilisé au Québec pour élever la teneur en acide gras oméga 3 pour la production des oeufs, dit M. Riou. Mais il est plus simple pour les compagnies d’acheter le lin de l’Ouest dans la quantité dont elles ont besoin plutôt que d’utiliser le produit local. C’est le dilemme classique : les producteurs hésitent en l’absence d’un marché et les compagnies hésitent à investir dans la production locale de lin parce qu’il ne s’en cultive pas assez. »

C’est pourquoi M. Côté utilise tout son lin pour les rations de sa ferme laitière. Toutes les vaches matures reçoivent chaque jour 500 grammes de graines de lin. « On ne peut démontrer que le lin augmente la teneur oméga 3 du lait mais il y a d’autres avantages, dit M. côté. Il a un impact positif sur la reproduction et apporte une différence visuelle prononcée au lustre du pelage. La recherche indique aussi qu’il réduit de beaucoup les émissions de gaz à effet de serre. »

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