Nouvelle ere de Recherche

Transformation des fermes en centres de recherché.

Nouvelle ere de Recherche

Transformation des fermes en centres de recherché.

La technologie de précision éperonne l’évolution de la recherche agricole. Elle remplace les techniques laborieuses du passé— parcelle d’essai, drapeaux, rubans à mesurer, et tout le reste—par les fichiers d’ordinateurs automatisés, contrôleurs à taux variable et moniteurs de rendement. Ces nouveaux outils permettent aux producteurs de créer facilement et économiquement des données pour effectuer une recherche scientifique à la ferme.

« Cette nouvelle approche change tout, indique David Bullock, économiste agricole à l’Université d’Illinois. L’avenir pourrait permettre aux producteurs d’effectuer des expériences aux champs tout aussi facilement que de prélever aujourd’hui des échantillons de sol. Les recommandations de gestion seront basées sur les données réelles. »

Monsieur Bullock est le chef du projet Data-Intensive Farm Management (DIFM) réparti sur neuf états pour amplifier et rationaliser la recherche agricole à travers le pays et le monde entier. Les participants fournissent à l’équipe de DIFM un fichier des frontières du champ, le motif de passage (ligne A-B) et un fichier antérieur du moniteur de rendement.

« Nous déterminons l’équipement de précision que l’agriculteur utilise et la recherche qu’il fera probablement et créons le programme expérimental à l’ordinateur. Le résultat est alors envoyé à l’agriculteur ou chargé directement dans son contrôleur et le semis se fait sans interruption. À la récolte, il nous fournit les données du moniteur de rendement pour analyse et préparation de rapports », ajoute M. Bullock.

Parcelles en damiers. Monsieur Bullock explique que cette approche mène à des expériences très intensives—ressemblant typiquement au damier de l’étude de taux d’ensemencement de soja montré ci-contre. « La largeur des parcelles de 270 pieds de longueur dépend de celle du semoir utilisé. Avec un semoir de 60 pieds, elles peuvent mesurer un tiers d’acre et nous pouvons avoir presque 300 parcelles randomisées et dupliquées dans un champ de 100 acres. On en tire une décision de gestion plus précise comparativement aux résultats d’un essai en bande dans un comté ou un état avoisinant. »

Le programme de gestion agricole des données DIFM a été utilisé pour concevoir automatiquement, installer et analyser des centaines de comparaisons de taux de semis randomisés et répliqués dans ce champ de soja de 150 acres. Les producteurs peuvent participer au programme en contactant David Bullock à dsbulloc@illinois.edu.

L’an dernier, quelque 100 producteurs de huit états et quatre comtés ont participé au projet DIFM. Phil et John Christenson du Nebraska ont travaillé avec l’ingénieur agricole Joe Luck de l’Université du Nebraska pour comparer les taux d’azote d’un de leurs champs de maïs irrigué. « Nous avons appliqué 33 livres dans le champ selon nos programmes de présemis et phosphate de départ, et testé quatre taux d’azote additionnel (0, 110, 150, 190 et 220 lb/acre) appliqué comme NH3 de présemis », explique Phil.

« Les applications sur 86 parcelles du champ de 65 acres ont été faites sans sortir du tracteur ou de la batteuse, ajoute John. Les résultats ont été analysés à divers prix pour le maïs et l’azote. À 3,23 $ le boisseau de maïs et 0,35 $ la livre d’azote, notre taux optimal de N fut de 177 livres par acre au rendement de 283 boisseaux par acre. »

La recherche révéla qu’ils avaient besoin de 0,625 livre d’azote par boisseau en plus d’un crédit de soja—beaucoup moins que la règle générale de 1,2 livre par boisseau que plusieurs producteurs utilisaient traditionnellement. Monsieur Bullock retraça l’origine de la règle de 1,2 lb aux années 1960 basées sur un nombre limité d’essais dont les résultats provenaient d’endroits fort éloignés de la zone d’étude. « La recherche était alors coûteuse et laborieuse mais ce n’est plus le cas avec la technologie d’agriculture de précision. Les études sont maintenant faciles et peuvent contribuer à l’efficacité et à la protection de l’environnement. »

Faible risque. La nouvelle ère de la recherche à la ferme est déjà là pour les clients de Premier Crop Systems (www.premiercrop.com). Mark Stelford, directeur général de l’entreprise de Des Moines, Iowa, dit qu’ils ont aidé l’an dernier les agriculteurs et agronomes à installer et analyser les données provenant de plus de 3000 essais à la ferme.

« Les producteurs sont anxieux d’utiliser l’agronomie de précision pour prendre de meilleures décisions de gestion, dit M. Stelford. Plusieurs ont de l’équipement de précision, les jeunes agriculteurs savent l’utiliser et les pressions montent sur les rendements. Le temps est donc propice pour adopter d’emblée les essais à la ferme. »

Premier Crop utilise les Learning Blocks (3 à 10 acres) pour comparer les taux d’ensemencement, fertilisants et autres intrants des zones. « Les producteurs hésitent souvent à utiliser de plus grandes parcelle, craignant les délais et rendements réduits. Nous aidons par la technologie et ils n’ont pas besoin de ralentir pour semer ou récolter », dit M. Stelford.

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