Nouvelle Vie

Une ferme du Québec accueille des réfugiés népalais.

Nouvelle Vie

Une ferme du Québec accueille des réfugiés népalais.

Il n’est pas facile de recruter de bons employés en agriculture. On peut donc facilement comprendre que Célia Neault et Dominic Drapeau aient sauté sur l’occasion de participer au petit programme pilote du Québec — le Projet d’accueil et d’intégration solidaire — afin de trouver des employés à long terme pour venir travailler sur leur ferme laitière près de Ste-Françoise.

Le programme est l’idée originale de Céline Auger et Suzanne Laroche, deux enseignantes qui aidaient les immigrants à apprendre le français. Elles remarquèrent que plusieurs réfugiés de leurs classes venaient de régions rurales. Ils recherchaient une façon de vivre en campagne, là où ils se sentiraient plus à l’aise. Mais ils étaient coincés en ville, dans des logements subventionnés et avec pour seul avenir un salaire minimum. Si l’on trouvait une façon de les faire vivre à la campagne, ils auraient un meilleur avenir et pourraient aider à la revitalisation rurale.

Madame Auger présenta avec succès l’idée au conseil de ville de son village, Fortierville, et du village avoisinant, Ste-Françoise. Les deux conseils et la Caisse populaire Desjardins fournirent les fonds pour le lancement du projet pilote. Il reçut aussi l’appui d’Emploi-Québec, du ministère provincial de la Main-d’oeuvre et d’AGRIcarrières, une initiative en ressources humaines pour l’agriculture.

Comme la ferme Neault et Drapeau utilise la technologie la plus récente, les deux frères népalais ont mis un certain temps à se familiariser avec ses opérations.

C’était le modèle parfait pour Neault et Drapeau puisque leur ferme de 600 vaches est l’un des plus grands employeurs de la région et fournit régulièrement une formation au travail. Leur premier sujet, Dik Bahadur Waiba, un réfugié du Népal âgé de 25 ans, arriva en juin 2016. Il travailla si bien qu’ils embauchèrent aussi son frère, Buddha Waiba, en janvier 2017, et espèrent ajouter bientôt un troisième travailleur.

« Nous avons dû modifier le programme de formation que nous utilisons pour notre personnel du Québec, dit Mme Neault. Leur français était rudimentaire à leur arrivée, ce qui présentait un défi, et le programme fut culturellement adapté pour les intégrer. »

« Ils ont mis un certain temps à s’habituer à la technologie, dit M. Drapeau. Ils n’ont pas l’occasion d’utiliser une telle machinerie au Népal. »

Formation au travail. La formation fait partie de leur semaine de travail, dit Mme Neault. Ils aident surtout à la traite, mais sont affectés à d’autres travaux dès qu’ils acquièrent l’expérience. La ferme leur loue des maisons à prix subventionnés, et plusieurs membres de leur famille purent bientôt les rejoindre. Ils ont leur propre jardin et aussi quelques poules.

« Un employé qui amène sa famille dans la région, c’est un engagement sérieux, dit Mme Neault. Nous avons délibérément choisi des familles avec des enfants. Il y a maintenant 17 personnes qui habitent dans ces deux villages et qui ne seraient pas ici sans le programme. « C’était compliqué au début mais c’est plus facile maintenant, dit M. Waiba. Ma famille et moi sommes très bien ici. Plusieurs personnes aimeraient venir ici, mais on ne peut vivre en campagne sans permis de conduire. »

Ne pas lire et écrire assez bien le français pour obtenir le permis de conduire du Québec est un obstacle majeur pour les réfugiés et les immigrants voulant habiter hors des grands centres, dit Mme Auger. C’est pour cela que la plupart choisissent l’Ontario et le Manitoba.

Madame Auger est d’avis que l’appui du gouvernement sera absolument essentiel à la viabilité du projet à long terme et à son implantation ailleurs. Les petites communautés ne peuvent le faire toutes seules.

Les réfugiés sont des étrangers en terre étrangère ; de petites choses comme le réglage du thermostat peuvent présenter pour eux des difficultés. Toute la famille a besoin d’appui pour que le projet soit viable.

« Les régions rurales n’ont tout simplement pas les services des grandes villes pour intégrer les nouveaux arrivants, dit Mme Auger. Le soutien que nous recevons des bénévoles locaux est absolument indispensable. » 

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