Passage Au Semis Vert

Leçons apprises sur cette nouvelle pratique

Passage Au Semis Vert

Leçons apprises sur cette nouvelle pratique

L’idée la plus récente pour améliorer la santé du sol fait jaser. Semer le maïs, le soja et d’autres dans une culture de couverture en vie faisant jusqu’à 1,50 mètre—la technique du semis vert—ébranle l’idée que l’on se faisait du bon lit de semis.

« Ça fait jaser, dit Trey Hill, de Rock Hall, Maryland. On vous croit cinglé, mais les avantages sont très positifs en termes de répression des mauvaises herbes, santé du sol, calendrier de semis et protection environnementale. »

Le semis vert est l’évolution du concept de semer dans les résidus d’une culture de couverture détruite précédemment. Mais au lieu de détruire la culture une ou deux semaines avant le semis, on la laisse pousser jusqu’au semis—ou même des jours ou des semaines après.

Une récente étude de Penn State fait ressortir plusieurs raisons menant au semis vert—meilleure protection contre l’érosion, gestion de l’humidité du sol, amélioration des niveaux de matière organique et habitat alternatif pour les limaces, menace commune des semis directs. Lors de conférences sur la santé du sol, M. Hill et d’autres adeptes du semis vert ont partagé leurs conseils sur cette pratique.

« Nous pensions jadis qu’il fallait détruire la culture de couverture le plus tôt possible, mais plus maintenant, dit M. Hill. Les conditions sont meilleures dans une culture en vie—il y a moins de compaction et si le sol est humide, la culture de soutien l’assèche. Il y a aussi l’effet isolant—on peut probablement devancer le semis de deux semaines en dépit du froid. Sauf sous conditions très sèches, nous attendons deux semaines avant de terminer la culture de couverture. Elle met trois semaines à mourir et le maïs ne peut être cultivé avant un mois. Ça fait jaser encore plus. »

Monsieur Hill souligne l’importance de l’engrais de départ (20 kilos de N et de P) avec les graines et près du rang. « Nous incluons le trèfle et le colza avec l’orge ou le seigle dans nos mélanges de couverture, mais ces céréales retiennent l’azote initial dont le maïs a besoin. Nous avons aussi un rouleau car si le semis est retardé après que le seigle ou l’orge a atteint 45 centimètres, son ombre nuira au maïs et nous passons donc le rouleau juste après le semis », ajoute-t-il.

Il utilise aussi des herbicides pour gérer la culture avant le semis. « Nous appliquons du dicamba et du 2,4-D pour tuer les mauvaises herbes à larges feuilles. Ceci retarde aussi la croissance des céréales. »

Ron Meyer (à d.) et le spécialiste de la santé du sol Aaron Hird évaluent les conditions du sol dans un champ de maïs ensemencé dans du seigle de plus d’un mètre de hauteur.

Erreurs communes. Steve Groff, agriculteur de Holtwood, Pennsylvanie, et conseiller en culture de couverture (covercropcoach.com) fait du semis vert depuis des décennies et met en garde contre les erreurs communes.

« Ne faites pas toute la ferme la première année et commencez avec le soja—il est plus indulgent que le maïs. Une culture versée est problématique. Connaissez le niveau de fertilité de vos champs et limitez-vous à 32 kilos de seigle par hectare », dit-il.

« Utilisez de l’azote de départ—l’allélopathie du maïs que l’on blâme sur le seigle est due à une carence d’azote—qui est retenu par le seigle et ne sera disponible que plus tard. »

Monsieur Groff ajoute qu’un semis trop superficiel cause des problèmes, surtout si la culture est roulée avant le semis. « Le paillis modifie la profondeur du semis et il faut exercer une bonne pression. J’utilise les lames plus lourdes des sillonneurs au lieu du coutre de semis direct, spécialement avec une pression pneumatique ou hydraulique.

« Refermer la tranchée est difficile en semis direct, ajoute-t-il. Les roues dentées de fermeture peuvent gauchir—surtout si les socs à résidus creusent assez profondément pour  arracher des plants de couverture. »

Fignolage. Un problème surprenant est que le pollen du seigle en fleur réduit le débit d’air au radiateur du tracteur tirant le semoir. « On peut le contourner en semant ou en roulant le matin quand le feuillage est humide, ou en semant du triticale, mais on peut être obligé d’accepter certains défis », indique M. Groff.

Semer dans le seigle de plus d’un mètre a ses défis, mais selon les agriculteurs de Johnson, Nebraska, Ron et Lane Meyer, les avantages l’emportent. « La grosse frustration est de refermer la tranchée, dit Lane. Une roue en caoutchouc ne suffit pas et une roue dentée se bourre de seigle, surtout s’il est en épi et si ses tiges sont imprégnées de lignine. Nous allons essayer d’autres roues pour solutionner ce problème. »

Lane ajoute qu’un bon emplacement de l’engrais est critique. Il met 250 kilos
d’azote à 13 cm du rang et 50 litres par hectare de 8-19-3 sous la semence. « Le semis vert n’est pas pour tous et il y aura des erreurs de parcours, mais les avantages de répression des mauvaises herbes, de conservation d’humidité et de santé du sol sont suffisants pour nous inciter à continuer », dit-il. 

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