Pulvériser Oui ou Non

Des technologies pour simplifier les décisions d’application des fongicides.

Pulvériser Oui ou Non

Des technologies pour simplifier les décisions d’application des fongicides.

Décider de pulvériser pour enrayer les insectes ou les mauvaises herbes est relativement facile après avoir fait une simple inspection  rapide du champ.

Mais c’est autre chose avec les fongicides. Pour être efficaces, ils doivent être appliqués avant les premiers signes visibles de la maladie et la décision d’application est basée sur les prévisions et les modèles d’évaluation de risque. Impossible de savoir si le rendement économique en justifie la dépense. Heureusement, de nouvelles technologies se pointant à l’horizon peuvent éliminer une pa rtie de l’incertitude.

Les flambées épidémiques dépendent de trois variables : la culture hôte, la présence d’un pathogène et les bonnes conditions pour que le pathogène infecte la culture. Il s’agit là du triangle de la maladie et si un de ses côtés manque, l’épidémie ne su r rient pas.

« Deux classes d’outils sont apparues pour faciliter les décisions d’application des fongicides : les technologies de détection des spores et les technologies de modelage climatique », dit Clinton Jurke, directeur agronomique, Conseil canadien du canola, Lloydminster, Saskatchewan.

« Elles ciblent différents côtés du triangle. La technologie de détection des spores comme Spornado Sampler ou les labos testant les pétales, détectent et quantifient la présence des spores dans le champ. Le modèle environnemental utilise les informations recueillies par les diverses stations météorologiques pour déterminer si les conditions sont propices à l’éclosion de la maladie. »

Gary Hartl de 20/20 Seed Labs explique comment fonctionne le Spornado.

Des producteurs canadiens de céréales, de canola, de pommes de terre et de  raisin utilisent le Spornado pour déterminer le moment pour l’application fongicide, dit Michael Saleh de Spornado à Toronto, Ontario.

Il s’agit d’un échantillonneur d’air passif ; le vent souffle à t ravers l’appareil et les spores en suspension sont captées sur une memb rane de la cassette. Le producteur n’a qu’à retirer la cassette et à l’envoyer au labo ratoire qui en effectue l’analyse.

« Si l’on recherche la rouille scléroinia du canola, on insère une cassette à 10 % de la phase de flo raison pour deux à quatre jours, dit Sa rah Foster de 20/20 Seed Labs à Nisku, Albe rta. Puis on remplace la cassette et on répète le test à 20 %, 30 % et 40 % de la phase de flo raison. S’il y a dans la région des spores de scléroinia, l’échantillonneur Spornado les détecte et les producteurs peuvent alors décider d’appliquer ou non des fongicides. »

La technique et les cassettes sont utilisées pour chaque culture, pour le fusarium du blé, la pourriture des pommes de terre ou le blanc de la vigne, dit M. Saleh.

Il s’agit d’un échantillonneur d’air passif. Il capte les spores de l’air sur une membrane d’une cassette. Des tests moléculaires effectués en laboratoire déterminent quelles spores sont présentes.

L’échantillonneur Spornado est très efficace à détecter les spores présentes dans l’air. La recherche en cours essaie d’établir la corrélation entre le nombre de spores détectées et un seuil économique d’application du fongicide pour chacune des différentes cultures.

« Il est facile de décider d’appliquer les fongicides pour la pourriture de la pomme de terre, indique M. Saleh. La maladie si dévastatrice que les producteurs optent pour la pulvérisation au moindre signe. Mais c’est moins évident avec le blanc de la vigne. L’environnement compo rte toujours des spores de blanc et nous essayons toujours de déterminer la charge présente et le moment propice pour passer à l’action. »

« Par contre, les outils du modèle environnemental ne considèrent aucunement la concent  ration des spores et recherchent strictement si les bons pa ramètres environnementaux sont présents pour déclencher la maladie, dit M. Jurke. C’est important car avec le canola, les pa ramètres environnementaux sont probablement les plus importants facteurs à considérer. »

D’autres outils d’application de fongicide sont encore en phase de développement selon M. Jurke. Ce rtains essaient de développer un modèle prédictif utilisant des satellites  radars pour mesurer de l’espace la biomasse et l’humidité du sol. Un autre essaie d’incorporer la détection des spores directement aux stations météo qui permett rait aux producteurs de savoir s’il y a des spores et si les conditions environnementales existantes justifient le traitement.

« Pour le moment, le Conseil du canola ne recommande aucun système de préférence à un autre, dit M. Jurke. Les compagnies doivent recueillir plus de données pour démontrer la prédiction efficace du bien-fondé de la pulvérisation. Nous renvoyons encore les producteurs aux listes de vérification de notre site Web. Ces nouvelles technologies peuvent y être incorporées pour aider à prendre de meilleures décisions. »

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