Réduction des Émissions

Aide de l’algue marine pour la gestion des émissions de méthane.

Réduction des Émissions

Aide de l’algue marine pour la gestion des émissions de méthane.

Alors que les producteurs laitiers de la Californie essaient de réduire de 40% les émissions de méthane d’ici 2030, une algue rouge en poudre pourrait se porter à leur secours. Selon les chercheurs de l’Université de Californie, Davis (UC Davis), l’ajout à la ration de seulement 1% d’Asparagopsis armata peut réduire de 67% les émissions de méthane des bovins laitiers. Même un taux de 0,5% (100 mL) a abaissé les émissions de méthane de presque 30%.

Des études en Pennsylvanie et en Australie ont indiqué des réductions de méthane de 80% en servant au bétail une espèce apparentée, A. taxiformis.

« Cela dépasse les résultats obtenus avec toute autre alimentation », dit Breanna Roque, responsable des études d’alimentation bovine à l’algue à UC Davis.

Moitié moitié. Une vache rote 100 kg de méthane par année en digérant dans le rumen la matière à haute teneur en fibres. La moitié des émissions de méthane vient de l’alimentation. Les fosses à purin et le climat toujours doux créent les conditions parfaites à la propagation des microbes formant le méthane de l’autre moitié, dit Ermias Kebreab, département des sciences animales, UC Davis.

La recherche d’Ermias Kebreab amena la Californie à abaisser ses estimations d’émissions de méthane pour les bovins de l’état.

Selon la loi, les producteurs peuvent inscrire les réductions d’émissions au niveau de la digestion ou du fumier, en choisissant parmi les technologies disponibles pour limiter le méthane.

Monsieur Kebreab souligne que les digesteurs anaérobies sont coûteux, laborieux et sujets à changer quant aux règlements sur les générateurs onéreux servants à transformer le gaz en électricité. Les séparateurs de matière solide peuvent réduire la fibre des bactéries méthanigènes. Du côté entérique, les rations finement moulues, à ionophores, plus grasses ou plus faibles en fibres peuvent aider à réduire le méthane du rumen.

Un mélange de ces approches peut donner une réduction de 40 %, mais elles sont coûteuses et complexes. C’est pourquoi M. Kebreab, Mme Roque et d’autres sont si emballés par l’algue marine.

Hautement ciblée. Certains producteurs laitiers servent déjà à leurs bovins du varech, un autre type d’algue marine, comme supplément minéral, indique Mme Roque. Mais A. armata et A. taxiformis sont à très forte teneur en bromoforme et autres composés qui entravent la production de méthane. Elle dit que l’action de suppression de l’algue pourrait aussi réduire à la longue la présence des espèces archéennes dans le rumen.

Les études de Mme Roque portaient sur les Holstein et incluront à l’avenir des Jersey comme celles-ci.

Les études de Mme Roque démontrent que la réduction de méthane commence immédiatement et persiste. La production laitière fut maintenue et l’algue marine n’a pas modifié le goût du lait. L’ajout d’algue pourrait même avoir un impact sur l’efficacité de l’alimentation mais elle souligne que les essais d’efficacité devront dépasser ce qu’elle et ses collègues ont accompli.

« Nous avons vu des différences en ingestion, mais ne sommes pas sûrs si c’est une question de palatabilité ou si nous obtenons plus de nutriants avec moins », dit-elle. Monsieur Kebreab explique que le méthane dissipe de précieux atomes de carbone ayant pu créer du lait ou de la viande, tout en gaspillant une énergie précieuse.

« Jusqu’à 12 % de l’énergie de l’animal s’envole avec le méthane, dit-il. Nous espérons observer des bénéfices de l’efficacité alimentaire par la récupération du carbone. Au lieu de se gaspiller en méthane, il entre dans la production. Il s’agit donc d’une situation gagnante pour tous. »

Réduire les émissions pourrait même créer des occasions de revenus selon Mme Roque.

« Nous aurons bientôt un système de crédits de carbone, ditelle. Peut-on vendre des crédits de carbone pour acheter de l’algue marine ? Le producteur laitier peut-il en bénéficier ? »

Enfin, dans un monde jugeant les produits par leur empreinte de carbone, l’algue marine pour réduire les émissions de gaz à effet de serre 28 fois fort que le CO2 pourrait ajouter un volet aux relations publiques.

Long terme. Nous sommes encore loin de la culture commerciale de l’algue marine et de la détermination des taux appropriés et de son efficacité à long terme. Mais il serait difficile de ne pas s’emballer sur les possibilités.

« Si nous pouvions réduire le méthane, élever l’efficacité et rendre les vaches plus heureuses avec moins de nourriture, l’objectif serait atteint », dit Mme Roque.

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