S’alimenter

Agir vite pour accélérer le RCI d’un groupe solaire.

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Agir vite pour accélérer le RCI d’un groupe solaire.

L’occasion pour les agriculteurs de joindre le mouvement solaire peut être à son zénith. Les coûts des panneaux se sont stabilisés après un effondrement, l’efficacité a augmenté et les politiques de facturation nette sont plus favorables. Mais la lueur du solaire va commencer à faiblir, faisant de 2018 le point tournant de l’investissement pour subvenir aux besoins d’énergie.

« L’octroi de 30 % pour l’installation de panneaux solaires va commencer à s’éclipser après 2019, précise John Hay, éducateur en énergie de l’université du Nebraska. Ceux qui s’intéressent à l’énergie solaire doivent y penser sérieusement avant 2019. »

Le crédit d’impôt de 30 % pour les installations résidentielles va disparaître et celui des entreprises, agriculteurs et éleveurs baissera graduellement à 10 %. La baisse récente des prix des panneaux aidera certainement à mitiger cette réduction et les politiques négatives éventuelles.

« Depuis 5 ans, le prix des panneaux est passé de 5/6 $ à 0,5 $ par watt. Cela a fait chuter le prix du panneau de 1000 $ à 150 $ », dit M. Hay. Une installation clé en main coûte de 2 à 2,50 $ par watt. En moyenne, une maison et un atelier peuvent fonctionner avec un système de 6000 à 10 000 watts, dit-il, soit un investissement total de 15 000 à 25 000 $.

Monsieur Hay fait remarquer que les récents tarifs sur les panneaux importés devraient avoir un impact négligeable sur le coût total. « Le prix des panneaux ne devrait monter que de 0,60 $ à 0,65 $ par watt. Un peu plus cher, mais loin des 5 $ par watt d’il n’y a pas si longtemps. Le prix demeure donc excellent », dit M. Hay.

Un groupe solaire de 5700 watts raccordé au réseau réduit sa facture de 50 %.

L’impact majeur est la perte des crédits d’impôt et les changements éventuels de politique. Bien que la politique de facturation nette soit meilleure dans la plupart des états américains, elle peut changer.

La facturation nette entre en jeu quand un système d’énergie solaire est relié au réseau. Quand le client produit plus d’énergie qu’il n’en consomme, le surplus d’énergie retourne au réseau et lui est crédité par la compagnie d’électricité.

« Durant le jour, la facture peut être négative car vous produisez beaucoup d’énergie, explique M. Hay, puis vous utilisez le crédit durant la nuit. »

Les compagnies d’électricité achetaient autrefois les surplus à un tarif très réduit, comme 0,02 $ par kilowatt-heure (kWh) et le revendait au plein prix de détail de 0,10 $ par kWh. La facturation nette actuelle donne maintenant aux producteurs solaires toute ou presque toute la valeur au détail de l’énergie qu’ils produisent.

Tous les états saufs trois (Dakota du Sud, Tennessee et Alabama) ont en place une politique de facturation nette.

Les mordus. Les panneaux solaires sont abondants au ranch et à la pépinière des Blake au nord de Big Timber, Montana. Un groupe de 24 panneaux de 5700 watts relié au réseau domine la pente sud-est de l’atelier de la ferme, récoltant la lumière intense et acheminant son énergie vers les installations du ranch et de la pépinière.

« C’est notre installation la plus récente. Nous avons décidé de profiter de la baisse des prix en 2013, dit Alex Blake. L’installation alimente tous les bâtiments du ranch et de la pépinière, sauf la maison, qui a dû être exclue pour satisfaire aux exigences de la subvention. Elle fournit de 40 à 50 % de nos besoins d’énergie, réduisant considérablement notre facture. »

Une vieille remorque déplace les panneaux.

Avec le coût réduit de l’énergie, les subventions, les crédits d’impôt et la facturation nette actuelle, les Blake calculent que l’installation de 21 000 $ se paiera en 10 ans. M. Hay note que les panneaux sont habituellement garantis pour 25 ans.

Alex et ses parents, Sandi et Francis Blake, sont passionnés pour l’énergie renouvelable et utilisent l’énergie solaire dans une variété de capacités. Ils ont installé un groupe solaire de 1600 watts sur une vieille remorque qui facilite le transport. Ils la déplacent avec leur troupeau de 200 bêtes pour le remplissage des réservoirs. Ils rient en pensant qu’une vieille remorque à charbon sert maintenant à l’alimentation solaire, juxtaposant la nouvelle et la vieille technologie.

Ils ont plusieurs groupes de panneaux installés en permanence pour faire fonctionner les puits et les systèmes d’irrigation pour leur collection soigneusement choisie de plantes indigènes et régionales et leurs arbres de la pépinière vieille de 41 ans. Alex et son épouse, Abby, vivent hors réseau en utilisant un groupe solaire de 1600 watts et une micro-éolienne pour toute l’alimentation de leur maison. « Il aurait coûté 20 000 $ pour amener l’électricité. J’ai acheté plutôt un système solaire pour moins de 5000 $, dit-il. Quand le soleil ne brille pas, un groupe de batteries prend la relève.

« À cause du changement climatique, je me sens forcé de rechercher les systèmes d’énergie alternatifs », dit M. Blake en parlant de l’engagement de la famille à l’énergie solaire. Mais cela doit rapporter. « Nous savons que le coût de l’énergie continuera à augmenter et il faut aussi que ce soit un bon investissement à long terme. »

Leur prochaine cible solaire porte sur un nouveau pivot d’irrigation.

Bon calcul. De nombreux facteurs touchent le potentiel de rentabilité ou de remboursement du système solaire : l’ensoleillement de la région, les politiques de l’état, les besoins d’énergie. « Ainsi, l’ensoleillement peut être moindre en Ohio qu’au Nebraska, mais l’Ohio à des coûts d’énergie plus élevés et une facturation nette un peu plus favorable, explique M. Hay. La combinaison rend le solaire plus économique en Ohio, mais il peut aussi l’être au Nebraska. »

Alex Blake est voué à la viabilité.

Selon M. Hay, ceux qui ont toute l’année des besoins mensuels stables d’énergie en bénéficieront le plus à cause des fluctuations saisonnières de prix. « Vous voulez typiquement que le groupe solaire produise moins d’énergie que vous en consommez pour l’utiliser au fur et à mesure », dit-il. Les usages saisonniers, comme l’irrigation, peuvent ralentir le remboursement. « L’usage saisonnier peut causer une production excessive, ayant moins de valeur. Pour un système d’irrigation, vous pouvez recevoir très peu pour l’énergie produite en hiver qui ne sert pas et obtenir simplement le bénéfice de remplacer l’électricité à pleine valeur durant les mois d’été à forte consommation. »

Un usage stable. Monsieur Hay donne l’exemple d’une porcherie de l’Ohio ayant des besoins constants d’énergie. Un système de 40 000 watts installé à 2 $ par watt coûte 80 000 $. Un crédit d’impôt de 24 000 $ abaisse le coût à 56 000 $. Le système produit 48 500 kW par année à un prix moyen de l’électricité de 0,11 $ par kWh. Ceci absorbe 75 % des coûts d’électricité de la porcherie. L’investissement devrait se payer en 9 à 11 ans.

Le raccordement au réseau est aussi critique pour optimiser le retour sur investissement, dit M. Hay. Il explique que les unités autonomes ont les mêmes coûts et nécessitent des systèmes de batteries coûteux pour stocker l’énergie de réserve.

« Vous dépendez des panneaux solaires et ils doivent être de la bonne grosseur pour traverser une série de journées nuageuses. C’est un défi économique de taille. »

Le branchement au réseau électrique permet aux gens de choisir la grosseur de l’investissement et de neutraliser autant ou aussi peu des coûts de l’énergie en fonction de
leur seuil de tolérance.

« C’est un bon temps pour investir dans l’énergie solaire pour les utilisations agricoles au niveau des prix et des politiques. L’avenir est incertain et il semble peu probable que la situation devienne plus favorable, dit M. Hay. Chaque situation individuelle doit être déterminée mais si cela vous intéresse, le moment est propice. »

Un excellent point de départ est la base de données du fonds de ressources d’énergie renouvelable de l’état à dsireUSA.org. 

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