Secours Souterrain

La recharge de l’aquifère vise à conserver les ressources hydriques.

Secours Souterrain

La recharge de l’aquifère vise à conserver les ressources hydriques.

L’une des ressources naturelles cachées de l’Idaho demeure présente à l’esprit des agriculteurs. C’est son aquifère de 28 000 kilomètres carrés appelé East Snake River Plain. Après des décennies de retraits, cette vaste nappe phréatique bénéficie maintenant de dépôts réguliers.

Mesure correctrice. Confrontés à une baisse annuelle de 250 millions de mètres cubes d’eau, aux revendications des titulaires de droits et aux menaces touchant la production hydro-électrique, les utilisateurs de l’Idaho se sont réunis avec les responsables de l’état pour élaborer un plan d’action.

Selon Brian Patton, dirigeant de l’Idaho Water Resources Board, l’Idaho avait trois atouts pour élaborer son plan. D’abord, toute l’eau de ses cours appartient à l’état qui centralise les décisions de gestion. Ensuite, l’Idaho reconnaît légalement le lien entre les retraits d’eau souterraine et superficielle, soit la gestion conjonctive. Enfin, le basalte fissuré de l’aquifère Eastern Snake River est parfait pour la gestion de la nappe phréatique puisque l’eau entre rapidement et le roc ne se compacte pas, à l’instar des bassins denses formés de sable et d’argile qui ne peuvent pas être complètement remplis. « Il faut comprendre le processus juridique tout comme l’hydrologie de l’aquifère et son inter-action avec la rivière Snake, explique M. Patton dans son bureau de Boise. Ce qui touche l’un touche l’autre. »

Les pompeurs d’eau souterraine acceptèrent de réduire leurs retraits annuels de 300 millions de mètres cubes, de mieux utiliser l’eau, de semer des cultures moins assoiffées, et même d’arrêter toute culture sur ces terres. L’état quant à lui dirige les eaux d’hiver vers les bassins de recharge, où 310 millions de mètres s’infiltreront annuellement en 2024.

 

Le basalte de l’Idaho amène rapidement l’eau à l’aquifère de la rivière Eastern Snake.

Arrêt et recharge. « L’un vise à arrê-ter l’épuisement de la nappe et l’autre à regarnir l’aquifère », dit Wesley Hipke, directeur du projet, Idaho Department of Water Resources. Suite à un projet pilote de 2013, l’Idaho commença à inonder la prairie, en propriété fédérale surtout. Cela nécessita l’hivérisatiom des certains canaux et la constructions de nouveaux.

Selon M. Hipke, le coût de l’eau en Idaho est de 5 à 10 $ le million de litres, plus la construction qui y ajoute 4 $ au début du projet. C’est bien moins que dans plusieurs états, ce qui rend la recharge possible.

« Si vous avez une grande terre dégagée, les bassins sont imbattables car ils coûtent si peu », souligne M. Hipke.

Les réservoirs. En Arkansas, site de la troisième plus grande superficie irriguée du pays, l’hydrologiste Michele Reba de l’unité Delta Water Management du USDA-Agricultural Research Service de Jonesboro, Arkansas, explore aussi la recharge de l’aquifère. Les agriculteurs de l’Arkansas ont engagé la terre à des centaines de réservoirs privés, plusieurs alimentés par l’eau de fuite des systèmes de récupération. Cela allège la pression des ressources souterraines, mais le déclin demeure visible, selon elle.

L’aquifère de sable et gravier se prête bien à la recharge, selon Mme Reba, mais sa couche de glaise, si favorable à l’inondation des rizières, nuit à l’infiltration de l’eau dans le sol. Le pompage dans les puits d’évacuation pourrait fonctionner mais l’état oblige à respecter les normes de l’eau potable, ce qui hausse les coûts.

Michele Reba explore les options de recharge en Arkansas.

« Nous abandonnons l’injection directe pour nous orienter vers la recharge artificielle passive par infiltration », dit madame Reba.

Elle croit que les réservoirs privés pourraient servir de bassins de décantation, retirant l’excès de nutriants et les sédiments nuisant à l’infiltration. L’eau serait alors amenée là où elle pourrait traverser le sable et le gravier, agissant à la manière d’un tamis, pour ultimement recharger l’aquifère.

« La couche de glaise n’est pas constante, remarque-t-elle, étant mince ou inexistante par endroits. Nous cherchons donc à comprendre sa survenance. » En Idaho, M. Hipke mise sur la recharge.

« Je mise sur la gestion holistique de l’aquifère, dit-il. Nous devons avoir une vue d’ensemble et de groupe. » 

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