Soigneur de Releve

Même le producteur laitier le plus actif a besoin d'une pause.

Soigneur de Releve

Même le producteur laitier le plus actif a besoin d'une pause.

Martin Vanden Hoven n’est pas un fournisseur de soins de santé, mais sa compagnie, Relief Herdsmen Services, livre un précieux service de santé. Située à Mitchell, Ontario, la compagnie fournit une relève aux producteurs laitiers du sud-ouest de l’Ontario pour qu’ils puissent prendre congé de l’étable, au besoin.

Les petits exploitants le contactent pour prendre soin des animaux durant une absence quelconque. Les grandes fermes font appel à lui pour remplacer les dirigeants qui partent en vacances.

On entend souvent toutes sortes de dictons comme ‘Prendre le temps de s’arrêter et de sentir les roses’. Qui n’a pas entendu la célèbre citation « Personne n’a jamais dit sur son lit de mort ‘Si seulement j’avais pu passer plus de temps au bureau’ ». Et pourtant, les Canadiens et les Américains ont traditionnellement déifié le travail. « Que faites-vous ? » demande-t-on en rencontrant quelqu’un pour la première fois. Les personnes qui font de longues heures sont hautement considérées. Pire encore, les Japonais ont même un mot signifiant se tuer au travail : Karoshi.

Bon pour votre santé. S’absenter du travail est critique pour votre bien-être à long terme. Selon de nombreuses études, négliger de prendre régulièrement des vacances peut avoir des répercussions sur la santé physique et mentale. Les vacances réduisent le risque de crise cardiaque et de problèmes reliés au stress—dépression, anxiété et obésité. Le travail ininterrompu réduit le temps passé en famille et mène à des conflits familiaux et sociaux. Inversement, le simple fait de prendre le temps de planifier des vacances peut rendre la famille plus heureuse.

Sauter les vacances. En dépit des avantages qu’a fait ressortir une étude d’Expedia.ca (privation de vacances) en 2016, les Canadiens laissent environ 31 millions de jours de vacances non utilisés chaque année. Le travailleur moyen a droit à 17,3 jours de vacances mais n’en prend que 14. Plus de 27 % des travailleurs passent plus d’un an sans une seule journée de congé. Contrairement à l’opinion populaire, les travailleurs de la génération milléniale sont les plus acharnés au travail.

Evan Degier et Martin Vanden Hoven discutent des opérations dans la nouvelle étable robotisée. M. Vanden Hoven dit que tout se ressemble dans une ferme laitière comme la stabulation entravée ou libre, la salle de traite et le robot Lely. Mais il peut y avoir de grandes variations au niveau des équipements servant à l’alimentation.

Traditionnellement, les producteurs laitiers hésitent plus que tous les autres agriculteurs à s’absenter du travail. Après la traite de toutes les vaches au moins deux fois par jour, 365 jours par année, advienne que pourra. Les grandes fermes ont des alternances de travailleurs pour que personne ne dépasse la semaine normale de 40 heures. Mais les petites ne peuvent s’offrir ce luxe. Ces producteurs se sentent irremplaçables et ils travaillent pendant des mois ou même des années sans jamais prendre une seule journée de congé.

Soit dit en passant, j’ai grandi sur une ferme laitière de la Saskatchewan. Je pourrais compter sur mes dix doigts les journées d’arrêt que mon père a prises. Sa charge de travail a joué un grand rôle sur ma décision de ne pas suivre ses pas. Je voulais pouvoir prendre des vacances avec ma famille comme le faisaient mes camarades de classe non laitiers.

Un temps de pause. Selon M. Vanden Hoven, les attitudes changent. La nouvelle génération s’arrête certainement plus souvent ; pas question de passer leur vie enchaîné à l’étable comme leurs parents. C’est donc jour de fête quand Relief Herdsmen Services arrive à la ferme ; les vacances commencent. Ils peuvent passer plus de temps avec les enfants ou simplement faire une pause et revenir frais et dispos.

« Ils sont excités de me voir arriver et je suis fier de leur permettre de pouvoir s’évader, dit M. Vanden Hoven. C’est ce qui m’a donné l’idée de commencer. Je sais qu’ils n’ont personne d’autre et je suis pour eux une relève. Je le fais pour le producteur d’abord, les vaches ensuite et enfin le chèque. Si c’était uniquement l’argent, je ferais probablement beaucoup plus en travaillant pour une grande entreprise laitière. »

Rob Vanden Hengel a contacté M. Vanden Hoven en 2008 pour s’occuper de son entreprise robotisée de 50 vaches de Seaforth, Ontario, pour assister au mariage de sa soeur. Tout a si bien marché qu’il n’hésite plus à le contacter chaque fois qu’il doit s’absenter.

« Essentiellement, j’ai vu son annonce dans Ontario Farmer et j’ai décidé de l’essayer, dit M. Vanden Hengel. Nous l’avons fait venir le week-end d’avant, pour voir comment ça irait. Maintenant, quand nous commençons à planifier une absence pour des vacances prolongées, je l’appelle d’abord pour voir s’il sera disponible à tel moment. Je sais qu’il s’occupera de tout. »

« Certains clients ont besoin de moi du vendredi soir au dimanche soir pour une noce par exemple ; d’autres me veulent pour une ou deux semaines pour des vacances en Jamaïque, dit M. Vanden Hoven. J’ai plusieurs clients hollandais qui ont besoin de moi pour deux semaines pendant qu’ils retournent en Hollande. De façon typique, le client moyen a besoin de mes services pendant cinq à sept jours.

Monsieur Vanden Hoven a grandi dans le milieu laitier. Il a commencé comme adolescent à la ferme de 50 vaches de son père. Il aurait probablement continué si l’étable n’avait pas été ravagée par un incendie. Il a ensuite travaillé à plusieurs emplois mais a réalisé que la traite des vaches était ce qui lui plaisait le plus. Mais comme il ne voulait pas le faire chaque jour, il eut l’idée d’offrir des services de relève.

La demande pour les services de relève a grandi au point où un seul homme ne suffit plus. Il a développé une liste d’appel de soigneurs qualifiés voulant travailler avec lui pour gonfler leurs revenus.

« C’est vraiment parti, affirme M. Vanden Hoven. J’ai travaillé jusqu’ici sur plus de 150 fermes avec une moyenne de 220 jours par année. C’est vraiment un emploi à plein temps. Les nouveaux robots et les nouvelles salles de traite me facilitent la vie. C’est toujours différent. La routine de toujours faire la même chose dans la même étable ne m’attirait pas. Le service de relève me permet de travailler trois ou cinq jours puis de passer à autre chose. C’est toujours nouveau. C’est comme une lune de miel presque chaque jour ! »

Au cours d’un même mois, il peut lui arriver de traire en stabulation entravée, en stabulation libre, en salle et avec robot. La variété des fermes et des systèmes peut paraître écrasante, mais M. Vanden Hoven dit que ce n’est pas aussi difficile qu’on le croirait. Le truc est de toujours garder en tête une liste des cinq choses qu’il doit observer : le filtre, le tuyau dans la citerne, fermer la citerne, le refroidisseur à plaques et les vaches traités. « Après cela, il n’y a vraiment rien de compliqué ; tout suit toujours le même principe, dit-il. Stabulation entravée, stabulation libre, salle de traite, robot Lely, vache : c’est du pareil au même. Tout se ressemble d’une ferme à l’autre. Mais l’alimentation est plus difficile à cause des différents tracteurs, mélangeurs TMR et chargeuses qu’il faut conduire et de tous ces silos différents qu’il faut faire fonctionner.

La pression ne cesse d’augmenter pour les producteurs laitiers et il est bien normal qu’ils aient besoin de s’arrêter de temps à autre. Les études démontrent bien que les vacances sont une excellente cure au stress de l’exploitation d’une ferme.

La forte demande pour les soigneurs de relève a dépassé le point où tout peut être fait par une seule personne. M. Vanden Hoven doit refuser 25 à 30 appels par année en raison d’un horaire surchargé. Il reçoit aussi des appels venant de loin hors de son territoire.

Liste d’appel. Monsieur Vanden Hoven a commencé à préparer une liste d’appel de serveurs de relève qui désirent gonfler leurs revenus en faisant des travaux additionnels. Il espère ainsi pouvoir trouver assez de travailleurs pour lui permettre de répondre aux besoins des producteurs.

Il espère aussi réunir une assez grande équipe de travailleurs pour pouvoir lui-même passer plus de temps avec sa fille quand celle-ci rentre de l’école.

Il s’agit d’une situation dans laquelle tout le monde gagne et c’est un excellent exemple de la façon dont ‘l’économie à la demande’ du secteur technologique peut fonctionner en agriculture.

Monsieur Vanden Hengel compte maintenant sur lui quand il doit s’absenter de la ferme. Il peut s’absenter en sachant que quelqu’un ayant les compétences nécessaires s’occupera de tout pendant son absence. Il a ainsi la liberté de se détendre pour pouvoir être physiquement et mentalement rafraîchi lorsqu’il reprendra la charge de ses travaux.

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