Sol fait de rien

L'humus fair de déchets de la ferme est l'ingrédient secret pour améliorer le sol.

Sol fait de rien

L'humus fair de déchets de la ferme est l'ingrédient secret pour améliorer le sol.

Tirer le meilleur de ce qu’il a est l’objectif de Jay Stetson, éleveur et producteur de foin de Fromberg, Montana. Dans le cas de ses champs, il part des restes.

« Peu importe sa construction, si une maison n’a pas une fondation solide, elle ne tiendra pas. C’est pareil pour l’herbe et les cultures et leur fondation, c’est le sol », dit M Stetson.

Il veut affermir la fondation de sa ferme en produisant de l’humus de haute qualité débordant de microbes bénéfiques et nutriants disponibles pour ses pâturages et champs de foin.

En 2014, lui et sa femme, Tina, achetèrent et louèrent 365 hectares de terres irriguées dans la vallée de la rivière Clarks Fork. Ils espéraient acquérir assez de terre pour un troupeau de 300 Angus, mais le pâturage d’été se faisait rare. Ils réduisirent le troupeau pour fonctionner toute l’année et décidèrent de maximiser les terres.

Affronté à des terres lourdes et sujettes à la compaction, M. Stetson essaya des mélanges de cultures de couverture pour alléger le sol. C’est ainsi qu’il eut l’idée de préparer et appliquer de l’humus pour amé-liorer la santé du sol.

Aidé par Midwest Bio-Systems, il commença à composter un mélange de fumier, foin de luzerne et tiges de maïs ou paille de blé pour créer de humus. « L’humus est un compost de haute qualité entièrement traité, dit Kelly Young, conseillère en compostage chez Midwest Bio-Systems. L’azote et d’autres nutriants sont stables et disponibles, contrairement au fumier qui doit être décomposé avant que les plantes ne puissent l’utiliser. » Monsieur Stetson peut en produire 750 tonnes par année pour utilisation dans ses champs et vente aux autres producteurs. Il peut être appliqué à l’épandeur ou en solution liquide par pulvérisateur ou pivot.

Le compost est tourné régulièrement pour ajouter de l’oxygène pour les microbes et gérer l’humidité et la température.

Souffle de vie. Monsieur Stetson teste toute la matière qu’il composte et suit une recette basée sur ses résultats d’essai pour obtenir le bon rapport carbone/azote. Puis il broie la matière et la met en andains.

Les andains sont couverts et leur humidité, température et production de dioxyde de carbone sont soigneusement surveillées. Les conditions précises sont maintenues pour que les microbes décomposent la matière organique. Les andains sont tournés et maintenus à une température qui détruit les pathogènes et graines de mauvaises herbes. Avant l’utilisation, l’humus est inoculé avec des micro-organismes bénéfiques particulièrement recherchés.

Les microbes, incluant divers champignons et bactéries, aident les plantes à tirer les nutriants du sol, même au-delà de la portée des racines.

« C’est comme une chaîne, dit Mme Young. Les racines des plantes envoient aux microbes un signal chimique et ils les aident à tirer ce dont elles ont besoin. » Elle précise que plusieurs producteurs utilisant de l’humus constatent une forte réduction des besoins de fertilisant.

L’humus de paille, foin de luzerne et fumier composté aide Jay Stetson à maximiser sa production de foin.

Les résultats de M. Stetson ont été encourageants. Il a loué un champ considéré comme le plus pauvre du comté. « J’ai appliqué de l’humus à l’automne et obtenu 12 tonnes de foin par hectare. Et la structure du sol est passée de l’argile dure à environ 10 centimètres de belle terre après juste un an », précise M. Stetson.

Les exsudats des racines aident à améliorer la structure du sol, en le rendant plus poreux et par l’ajout de matière organique, plus apte à retenir l’eau et des nutriants.

« Je m’attends à une diminution de nos besoins d’eau, qui coûte très cher avec un pivot d’arrosage », dit M. Stetson. Il espère que la production accrue et la diminution des coûts des intrants, plus la vente de l’humus à d’autres, l’aideront à rétablir son troupeau et stabiliser ses revenus. « Je veux arriver au point où je pourrais survivre même si je perdais une terre en location », conclut-il. 

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