Tempérament & Tempo

LIEN ENTRE LE COULOIR DE CONTENTION ET L’EFFICIENCE ALIMENTAIRE.

Tempérament & Tempo

LIEN ENTRE LE COULOIR DE CONTENTION ET L’EFFICIENCE ALIMENTAIRE.

e bétail qui secoue le couloir de contention pourrait avoir un meilleur indice de conversion. La recherche d’Eric Vanzant, Université du Kentucky, peut aider les éleveurs à identifier les comportements associés à une meilleure efficience alimentaire. Selon lui, le microbiome de chaque animal serait la variable-clé du comportement et de la performance au distributeur de fourrage.

Plusieurs surprises ont émané de ses études, à commencer par la redéfinition du bétail à caractère ‘capricieux’.

Du point de vue de la recherche, il faut s’éloigner du terme, indique-t-il. Si l’animal secoue le couloir, on se dit ‘C’est un animal capricieux.’ Eh bien, il n’est pas capricieux de la même manière que celui qui sort rapidement du couloir de contention.

C’est une séparation importante de deux facteurs de comportement en couloir que les scientifiques ont groupés pendant des années en observant les bêtes pour évaluer subjectivement leur tempérament.

Il installa une cellule reliée à un ordinateur pour mesurer le mouvement de l’animal et une photocellule pour mesurer sa vélocité de sortie. Il constata que l’animal qui secoue le couloir n’en sort pas nécessairement à la hâte.

Nous n’avons pas observé de corrélation entre les animaux secoueurs et leur vélocité de sortie », affirme M. Vanzant.

Gain de poids. Selon M. Vanzant et d’autres, les animaux qui sortent rapidement du couloir de contention n’engraissent pas autant. La cause semble être qu’ils mangent moins de fourrage et ne le convertissent pas aussi efficacement. Autre surprise de l’étude de l’Université du Kentucky, le bétail à différents scores en couloir réagit différemment à l’antibiotique ionophore Monensin.

Il croit que les différences sont liées aux bactéries intestinales.

De façon très intéressante, une recherche assez convaincante sur les rats, les souris et les humains indique que le microbiome intestinal est vraiment en charge de tout », dit il.

L’idée que la population microbienne intestinale ou ruminale pourrait influer sur la physiologie de l’animal n’est pas si farfelue.

Par exemple, les chercheurs du USDA’s Meat Animal Research Center de Clay Center, Nebraska, ont déter­miné que les différences d’abondance relative de certaines bactéries du rumen avaient une corrélation avec l’indice de conversion.

Les chercheurs de UCLA ont pu modifier les niveaux de sérotonine des souris en changeant leurs bactéries intestinales. Ce neurotransmetteur contribue au sentiment de bien-être et de bonheur et aux fonctions cognitives et mnésiques.

Amy Coleman, clinicienne de Lexington, Kentucky qui a dirigé une table ronde sur le microbiome à la conférence Alltech ONE de 2019, dit que les bactéries intestinales produisent 90 % de la sérotonine du corps ; un lien très fort entre l’intestin et le cerveau. Elle qualifie le microbiome de “jardin intérieur ” et de “carte mère.”

Comprendre le rôle du micro­biome sur la santé, la productivité
et le comportement des bovins peut aider à affiner les programmes d’alimentation. L’objectif de M. Vanzant est de mieux saisir les différences par le comportement.

Plusieurs des technologies actuelles nous donnent l’occasion de mesurer ces caractères individuels que l’on pourrait si facilement manquer, dit-il. Et elles cadrent bien avec les interventions normales d’élevage.

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