Transformation des Marchés Fermiers

Les immigrants rehaussent la saveur des marchés fermiers.

Transformation des Marchés Fermiers

Les immigrants rehaussent la saveur des marchés fermiers.

Visiter un marché fermier de Toronto en fin d’été, c’est comme partir en voyage culinaire autour du monde. Vous avez un goût de curry et de naan avec quelques samosas végétariens ? Un camion restaurant vous les offre. Tout comme le poulet jamaïcain jerk, les boulettes chinoises, le ragoût de chèvre nigérien ou la saucisse mennonite. Vous avez littéralement devant vous un buffet mondial.

L’immigration a fait de Toronto la ville la plus ethniquement diversifiée au monde. Plus de la moitié de ses résidents sont nés à l’extérieur du Canada et comme on peut s’y attendre, ces nouveaux citoyens ont apporté avec eux leurs goûts culinaires.

Les fermiers et les vendeurs canadiens nés à l’étranger furent les premiers à offrir un goût du terroir, mais plusieurs autres ont suivi. La même transition est amorcée dans les marchés fermiers de la plupart des autres grandes villes du Canada.

Le revenu que tirent Sanndhea et Iqbal Mauthoor de leur Potager du Kanada aide à financer leur retraite.

On peut très facilement comprendre l’attrait de ce marché lucratif. Selon un rapport publié en 2020 par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, les nouveaux arrivants consomment six à dix fois plus de mouton et de chèvre que la moyenne des Canadiens. Les Canadiens d’origine sud asiatique vivant à Toronto dépensent 33 millions de dollars par mois en aliments du monde. Les plus populaires sont l’okra, l’aubergine, le melon amer, le bok choy, le brocoli chinois et le callaloo. La majorité de ces produits sont importés mais il existe un potentiel énorme pour les producteurs locaux désireux de combler le vide.

Sanndhea et Iqbal Mauthoor ont commencé en 2011 à cultiver l’okra, le callaloo et divers types de gourdes sur une terre louée et à les vendre au marché Saurauren Park, à Toronto. Ils achetèrent une ferme à St. Catherines, Ontario, en 2015 pour étendre leur production. Selon Iqball, l’idée des cultures mondiales était pleine de sens pour eux.

« Tout le monde fait de la tomate, alors pourquoi concurrencer ce marché, dit Iqbal Mauthoor. Nous avons décidé d’essayer d’innover et d’offrir des nouveautés pour attirer de nouveaux clients. J’ai commencé à apporter tous ces nouveaux types de légumes. Plusieurs ne les connaissaient pas ou ne savaient pas comment les apprêter mais les plus aventureux les essayèrent après nous avoir écouté. Ils doivent les aimer car ils en rachètent ; ils voient que nous cultivons nos légumes avec amour et passion pour leurs éléments nutritifs. »

La culture et le marketing de leurs produits aux marchés fermiers suppléent au revenu de la famille Mauthoor. La demande pour leurs produits est très forte mais une pénurie de main-d’oeuvre en limite la quantité. Ils ne peuvent pas tout faire eux-mêmes.

Bob Baloch et sa famille ont commencé à cultiver une sélection de légumes mondiaux comme le melon amer et différent types de gourdes, en plus des légumes familiers comme le navet, la betterave, le radis et le chou-fleur sur une petite parcelle louée de Brampton, Ontario en 2008. En 2009, ils étendirent la production et commencèrent à vendre aux marchés fermiers de Saurauren Park et Withrow Park de Toronto.

Bob Baloch offre des légumes mondiaux et habituels avec variation.

« J’appelais ça mon gym quand j’ai commencé, dit M. Baloch. Stressé par mon travail en TI, j’avais du mal à dormir et je prenais des somnifères. La ferme a tout réglé. J’ai commencé à travailler quelques heures après mon retour du bureau, et de 6 heures à 22 heures les week-ends. Je ne voulais pas rentrer à la maison. »

Aujourd’hui, ils cultivent encore quelque légumes mondiaux, mais font surtout des carottes, des betteraves, des mélanges à salades et des tomates, avec un brin d’imagination pour attirer les nouveaux clients. Les paniers de tomates cerises sont un mélange de différentes couleurs. Les clients sont étonnés que ces nouveaux arrivants soient vendeurs.

« Les gens s’étonnent que je travaille en TI et en agriculture, dit M. Baloch. Mais je leur explique que j’ai toujours rêvé d’acheter une ferme pour ma retraite parce que nos familles cultivaient au Pakistan depuis des générations, et ils deviennent alors très positifs sur ce que je fais. »

Son rêve de posséder une ferme familiale s’est enfin réalisé en mars 2020. Ils achetèrent une ferme près de Rodney, en Ontario. Alors qu’il continue de vendre aux deux marchés de Toronto, ses deux enfants ouvriront aussi leur propre stand au marché fermier de London alors qu’ils fréquentent l’université de Western Ontario.

Selon Bob Baloch, peu d’immigrants achetaient aux marchés fermiers il y a une dizaine d’années. Mais la situation a changé depuis. Les immigrants de seconde génération y amènent maintenant leur familles.

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