Trouver du Phosphore

Rècupèrer ce qui se perdait.

Trouver du Phosphore

Rècupèrer ce qui se perdait.

La déperdition du phosphore qui dégrade la qualité de l’eau des terres agricoles et urbaines a aussi des ramifications minières.

« Si nous continuons à le tirer des dépôts géologiques pour le déverser dans l’océan, il est à jamais perdu », dit John Brockgreitens, adjoint à la recherche à l’Université du Minnesota et scientifique en chef de Claros Technologies. Il fait référence à l’épuisement du phosphore en l’espace de quelques générations.

Le problème. La plupart des options pour capter le ruissellement de phosphore donnent un composé insoluble par adjonction d’aluminium, réduisant les problèmes de qualité d’eau.

« Il s’agit là d’une fausse solution, indique M. Brockgreitens. Ce composé se dépose tout simplement au fond du lac au lieu d’enlever le phosphore. »

Lui et son équipe du Biosensors and Bionanotechnology Laboratory à l’Université du Minnesota recherchent des méthodes éliminant non seulement la pollution des lacs mais permettant de récupérer le phosphore pour le réutiliser comme fertilisant.

Le laboratoire de recherche multidisciplinaire est dirigé par le Dr Abdennour Abbas.

« Tous ces gens introduisent des perspectives différentes, ce qui mène à une pensée perturbatrice pour solutionner le problème, dit M. Abbas. Notre cherchons à solutionner le problème sans en créer un nouveau. »

Tester l’hypothèse. Ils commencèrent avec le mercure.

« Le mercure contamine plusieurs des lacs du Minnesota et la consommation de poisson devrait être limitée à deux fois par semaine », dit-il.

En 2017, ils ont développé une ‘super éponge’, une éponge ordinaire utilisée pour le nettoyage domestique et un sorbant chimique se liant explicitement avec le mercure. En quelques secondes, l’éponge absorbe le mercure de l’eau contaminée et la rend non toxique.

« Nul besoin de récupérer le mercure, dit M. Abbas. Pour le phosphore, nous voulons pouvoir récupérer la ressource et la réutiliser comme fertilisant. »

Ce sac d’un mètre contenant environ un kilo de matière d’absorption de phosphore fut déployé en 2019 dans un lac du Minnesota. John Brockgreitens et Abdennour Abbas utilisent une teinture pour déterminer en laboratoire ce qui a été récupéré.

Suivant la même méthode que pour le mercure, l’équipe développa une matière granulaire ayant une capacité d’absorption de phosphore 30 fois supérieure aux autres options fonctionnant à la manière d’un filtre à eau domestique. Leur succès avec le projet du mercure et le potentiel pour une version de récupération du phosphore déboucha sur la formation d’une nouvelle compagnie : Claros Technologies.

« Nous avons obtenu un financement de EPA et du ministère de la défense pour commercialiser ces technologies », dit M. Abbas.

« Cela ne fonctionne pas à moins de récupérer le phosphore en grande quantité et nous voulons donc l’obtenir partout », affirme M. Brockgreitens.

Grande échelle. Le groupe cherchera d’abord à récupérer le phosphore des eaux pluviales des municipalités.

Il voudrait réaliser des installations de drainage souterrain pour le récupérer avant son arrivée dans les lacs et rivières.

Mais le point tournant du projet sera sa capacité de le récupérer de la matière absorbante.

« La réutilisation est une facette importante de notre recherche, dit M. Brockgreitens. Nous ne savons pas s’il nous reste encore pour 200 ans de phosphore mais il faut arrêter maintenant de le jeter à la mer alors que nous essayons de nourrir plus de personnes sur la planète et de produire plus de cultures. »

L’équipe cherchera l’aide des agriculteurs pour développer le programme de réutilisation.

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