Un Goût Venu du Nord

Saveur particulière du lait nordique du Saguenay-Lac-St-Jean.

Un Goût Venu du Nord

Saveur particulière du lait nordique du Saguenay-Lac-St-Jean.

Le goût du vin fait à partir des mêmes types de raisins varie de région en région ; et il en est ainsi du lait selon Paul Pomerleau, directeur de la coopérative Nutrinor d’Alma, au Québec. La coopérative vend depuis 2014 un lait à provenance certifiée de la région du Saguenay-Lac-St-Jean sous certification Lait AgroBoreal. Le produit jouit d’une popularité phénoménale au Québec, ayant accaparé 35 % du marché.

« Il a créé tout un émoi quand nous l’avons lancé, dit M. Pomerleau. Nous étions le premier transformateur à dire que le lait n’est pas juste du lait, que tous les laits ne sont pas identiques et qu’un lien existe avec le terroir. »

La concurrence est très forte sur les marchés laitiers et il est difficile pour un transformateur moyen comme Nutrinor de tirer son épingle du jeu en vendant simplement du lait à 2 %, dit M. Pomerleau. La co-op décida de trouver des façons de différencier ses produits et de développer des offres supérieures qui seraient plus rentables pour les producteurs.

Région spécifique. « Nous avons tiré parti du fait que tout notre lait provient d’une petite région géographique au climat particulier, dit-il. Notre lait nordique n’est pas mélangéà celui d’autres régions et conserve son goût particulier. Nous n’en connais-sons pas la raison exacte, mais il a une saveur plus riche et plus crémeuse ; le goût du Saguenay. »

Les consommateurs peuvent obtenir des photos et des renseignements de la ferme qui a produit le lait en entrant la date de péremption sur le site de Nutrinor.

« Le goût de notre lait est différent des autres », dit Daniel Taillon. Lui et son frère, Christian, copropriétaires de la ferme Taillon et Fils de Saint-Prime, furent parmi les premiers à s’inscrire au programme. « Je ne dis pas que lait des autres a mauvais goût mais le nôtre est différent. »

Alimentation. La différence vient de la façon dont les 20 producteurs certifiés de lait nordique nourrissent leurs bêtes, dit M. Pomerleau. Le protocole exige que la ferme soit située au nord du 48e parallèle et que toute sa pâture provienne de la région. Seules de petites quantités de maïs et de soja peuvent être incluses et son composant principal est l’ensilage de luzerne.

La région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est réputée pour ses longues journées d’été et ses nuits fraîches ayant un effet sur la photosynthèse.

« Les analyses révèlent que la luzerne de la région a une plus haute teneur en sucre que celle des régions plus au sud, dit Daniel Taillon. Elle a aussi des niveaux différents d’acides gras oméga 3 et oméga 6. »

Les frères Taillon sont passés en 2006 à un système de production organique à base de luzerne et de fourrage. Il n’était donc pas difficile de s’adapter au nouveau protocole. C’est selon Daniel l’une des plus sages décisions que la ferme ait prises.

Le système de traçabilité sous-jacent au protocole du lait nordique leur a aussi donné une façon d’établir des connexions entre leurs clients et les producteurs laitiers, indique M. Pomerleau. Ils ont développé un système pouvant suivre chaque livraison de lait arrivant à l’usine de traitement et jusqu’aux produits finaux. Sachant sur quelle ferme le camion a ramassé le lait lors d’une journée donnée, ils connaissent aussi la provenance du lait qui entre dans chaque produit.

Ceci permet au consommateur de savoir d’où vient le produit acheté en entrant la date de péremption du carton de lait dans un formulaire du site (laitnutrinor.com) qui leur redirige les photos et renseignements au sujet des fermes ayant produit le lait. C’est important car les consommateurs exigent une information précise sur la provenance et sur la méthode de production du produit.

Deux solitudes. « Nous appelons les consommateurs et les producteurs les deux solitudes, dit M. Pomerleau. Ceux-ci ne se parlent pas très souvent et cela peut causer une méfiance et des malentendus sur les méthodes de production des aliments. Le type de questions posées sur notre site Web le démontre clairement. »

Il a 50 ans, chacun avait des agriculteurs dans sa famille, mais plus maintenant. Le Canada est aujourd’hui l’une des nations les plus urbaines au monde et la plupart des gens ont peu d’occasions de visiter des fermes et de parler aux agriculteurs. Par la même occasion, l’intérêt pour l’alimentation n’a jamais été aussi vif.

Les producteurs ne comprennent pas non plus ce que les clients attendent d’eux, ajoute M. Pomerleau. Ils attendent de bons produits mais ils doivent tous être bons sinon ils resteraient sur les tablettes. Les clients veulent savoir comment la ferme traite les vaches et s’il s’agit d’une entreprise familiale ou industrielle.

« Les clients font quelques visites pour se renseigner et se rassurer, dit M. Pomerleau. Ils savent que leur lait ne vient pas de la même ferme chaque jour mais toutes se ressemblent et il n’est pas nécessaire de revenir pour chaque achat d’un carton de lait. »

L’outil a suscité un grand achalandage sur le site lors de son lancement en 2014. Il demeure l’une des pages les plus populaires du site. 

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