Vieux Monde. Nouveau Monde.

Production brésilienne à héritage européen.

Vieux Monde. Nouveau Monde.

Production brésilienne à héritage européen.

La forêt dense et les palmiers qui bordent les champs laissent présumer un climat subtropical. Mais les Holstein des robots trayeurs ont pourtant un aspect européen. Bienvenue à Castro en Paraná, Brésil, où le Vieux Monde croisa le Nouveau Monde il y a un siècle et établit la base d’une industrie laitière émérite.

En 1925, sept familles hollandaises formèrent une coopérative laitière à Castro. Ensemble, ces familles pionnières produisaient 700 litres de lait par jour. Leurs descendants—277 fermes de la coopérative Frisia—produisent 700 litres à toutes les 2 minutes.

La moitié de la production brésilienne vient des vaches Girolando, un croisement des Brahman Gir tolérantes à la chaleur et des Holstein à grande production que les Brésiliens appellent “Holandesa”. Mais celle des trois coopératives de Castro vient de Holstein à ascendance génétique canadienne ou américaine de haute qualité, selon João Salgado, directeur des produits pour DeLaval en Amérique latine.

La qualité du lait correspond aux normes européennes ou nord- américaines. Les trois usines Unium, propriétés conjointes des coopératives Frisia, Castrolanda et Capal, exigent une teneur en gras supérieure à 4,5 %, une teneur en protéines supérieures à 3,8 % et un CCS de 150 000 ou moins sur une période de 3 mois (La moyenne des USA fut de 198 000 en 2017).

Ces Holstein tolèrent moins bien la chaleur du Brésil que les croisements Gir mais chacune produit en moyenne 41 litres de lait par jour.

À l’européenne. Les experts laitiers européens en visite à Castro y reconnaîtraient plus que les vaches et le lait de haute qualité. Les clients comme Nestlé et Danone apprécient que les installations de traitement d’Unium utilisent des systèmes, de la machinerie et des technologies répandues en Europe.

Armando Rabbers d’ARM Farm est à la fine pointe de la production laitière brésilienne. En 2010, le producteur de Castro—descendant des pionniers hollandais originaux—voulut diversifier son entreprise porcine par la production laitière. Il partit modestement mais passa vite à la haute technologie.

Il commença d’abord avec 70 vaches et une trayeuse portative reliée à un sceau de 26 litres. Puis en 2012, il installa les deux premiers robots trayeurs DeLaval du Brésil et élargit son troupeau laitier à 150 vaches.

Laisser les vaches se traire ellesmêmes dans les robots optimise le confort et la productivité des vaches et réduit les coûts de main-d’oeuvre.

Il estime que son investissement de 750 000 $ dans les robots trayeurs s’amortira en 10 ans. Depuis que M. Rabbers a fait le grand pas, DeLaval a vendu plus de 100 robots au Brésil.

Système rotatif. Dans le village de Witmarsum, Marcos Epp, descendant des fermiers mennonites germano-russes ayant fui l’Union soviétique, utilise aussi la technologie européenne de traite dans son entreprise.

Il y a 50 ans, son père, Marvin, qui supervise encore l’opération culturale de 1095 hectares, démarra la ferme avec 15 vaches. Aujourd’hui, Marcos trait 1000 vaches deux fois par jour avec un système rotatif DeLaval à 32 postes dans des étables impeccables.

Armando Rabbers est passé d’une trayeuse portative à des robots trayeurs.

La prochaine génération. Les jeunes agriculteurs frais moulus armés de diplômes en agriculture ont besoin de nouveaux prospects pour joindre leurs familles dans la communauté agricole prospère de Castro ou les autres états brésiliens en expansion coopérative.

Frisia et Castrolanda sont passés à la transformation du porc pour fournir aux membres des marchés fiables. Ils offrent la formation aux jeunes producteurs et explorent les salaires et les vacances normalisés.

Castrolanda a essayé l’abattage des veaux mâles à 8 ou 11 mois pour offrir Gran Beef, une viande rouge de haute qualité. Jusqu’ici, 30 fermes ont élevé des veaux pour le programme.

En dépit de la culture coopérative de Castro, Ronald Rabbers, producteur laitier et éleveur Holstein, dit qu’un esprit compétitif vigoureux pousse les producteurs locaux à innover.

« Les producteurs sont non seulement passionnés mais aussi désireux de s’entraider, ‘Je peux en faire plus, je peux en faire plus’ », dit-il.

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